samedi 26 septembre 2020

♪ 97 : Tournures natives d'un avenir brun en négatif

Les 180 Gs ont eu une idée de génie : un album de reprises doo-wop de Negativland. Oui, en chantant les collages de samples et tout ! Je pense qu'il faut connaître Negativland pour apprécier (écoutez au moins Escape from Noise — j'en avais parlé ici — et lisez l'histoire de Helter Stupid), mais c'est génial — non seulement c'est très prenant et ça groove bien, mais c'est tout aussi drôle que les originales pour des raisons différentes.

Passer d'“I Still Haven't Found What I'm Looking For” de U2 (pour référence) à sa version vandalisée à coups de kazoo et de samples par Negativland (notamment le présentateur Casey Kasem qui n'en peut plus de devoir présenter le top 40 en même temps qu'un hommage à un chien de compagnie récemment décédé), puis à la reprise de tout ça (craquage compris) par les 180 Gs, c'est un grand moment de musique et de rigolade. Le chœur qui reprend “Christianity is stupid! Communism is good!” a capella est presque surréaliste. Le groupe n'arrive certes pas à sauver “Car Bomb” qui était déjà lourdingue à la base, mais dans l'ensemble, c'est excellent.

Ils ont aussi repris un album des Cardiacs et un ou deux des Residents !
 
 
 
 
Je suis en train de replonger dans la discographie du Hafler Trio, et je tombe sur une perle complètement inattendue : H3ÖH, collaboration entre Andrew McKenzie (The Hafler Trio), Hilmar Örn Hilmarsson (HÖH) et Einar Örn (des Sugarcubes avec Björk). Imaginez un peu du Nurse with Wound inspiré par la trance et autres musiques électroniques dansantes et psychédéliques du summer of love ! C'est peut-être le seul disque dansant qu'ait sorti McKenzie, ou peut-être pas, en tout cas c'est son plus inattendu et un de ses meilleurs.

Chose étonnante : McKenzie, qui a toujours été contre l'écoute en ligne et les formats MP3, a une page Bandcamp désormais. Bon, il ne vous laisse pas écouter sa musique si vous ne l'avez pas achetée, mais quand même. Je serais curieuse d'écouter à quoi ressemble son dernier projet, intitulé ‘'''''''’, mais pas au point de dépenser dix-sept euros à l'aveugle pour sa version album.


 
 
 
Je continue à découvrir le spiritual jazz avec Sama Layuca de McCoy Tyner : accents tropicaux, plein d'arabesques, de grâce, puissant et léger en même temps. Et toujours avec de belles mélodies. Une musique pleine de facettes scintillantes. J'ai aimé les trois albums que j'ai écoutés de l'artiste pour le moment, mais celui-ci est mon préféré !
 






 
 
 
Et puis Youtube m'a recommandé Don Cherry alors j'ai écouté et j'ai aussi adoré. Brown Rice notamment (ou éponyme selon les éditions), un album de jazz “world fusion” qui pioche ses inspirations dans plein de pays différents au point que ça pourrait être caricatural, sauf ça fonctionne carrément. Très psychédélique, sombre, relaxant et lumineux en même temps (et ludique au point d'être drôle parfois, mais ça c'est peut-être seulement à mes oreilles), les quatre pistes sont comme quatre recettes de bric et de broc qui donnent toutes quelque chose de magique.

Lisez la critique (en anglais) de finulanu, elle est très bien.
 

 
 
Dernier disque de lowercase à m'avoir marquée : Jisei de Vittorio Guindani, dix-neuf pistes courtes d'ombres, de traces, de couleurs subtiles, des petits riens en apparence, qui révèlent beaucoup de richesse et de subtilités quand on les écoute attentivement. Des mélodies et instruments traditionnels sont utilisés aussi, mais toujours de manière discrète.
 




 
 
 
La découverte de Voices from the Lake à l'époque avait été une révélation pour moi, et j'ai accroché à beaucoup d'autres disques de deep techno depuis, mais je crois que Turns de Barker & Baumecker est le meilleur que j'ai écouté jusqu'ici. Les beats, plutôt minimaux et légers, sont irréprochables (la deutsche Qualität du label Ostgut Ton) mais c'est surtout l'amtosphère, avec cette profondeur dans le son et ces nappes ambient, qui m'impressionnent — pas d'impression sous-marine ici, on est plutôt sur le bord d'un paysage aérien, avec l'impression de pouvoir plonger ou s'envoler sur des hauteurs vertigineuses.

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