jeudi 23 mars 2023

Alia et les nains


 

Bonsoir, voici une nouvelle bande dessinée improvisée d'une vingtaine de pages avec des elfes, du changement climatique, des voyages temporels et une histoire complètement incohérente ! Si jamais ça vous dit, vous pouvez la lire en cliquant sur l'image ci-dessus. Ou ici.

Avertissements sur le contenu : sang, morts, vomi, oppression, fin du monde, nostalgie et sans doute beaucoup de cringe.

(Il y a de cela 791 ans et 3 minutes, j'étais bloquée dans un train en panne qui aurait dû m'emmener à un partiel, et pour me déstresser j'avais improvisé une BD sur une feuille de cours, sans même faire de crayonnés parce que je ne m'embêtais avec rien à l'époque. Et puis je me suis dit tiens, je pourrais la refaire en anglais et en couleur vite fait pour mon nouveau site. Mais ça m'ennuyait de refaire deux fois la même chose donc finalement j'ai fait ça à la place.)


Rêves n° 103, 105, 107



vendredi 3 février 2023

Moi et le genre

… Et là, une fois n'est pas coutume, je parle de moi. Et de ma transidentité. En une BD courte (23 cases), cliquez ci-dessous pour la lire :

 
Peut-être que je ferai un journal de transition quand j'en aurai terminé aussi !

mercredi 20 juillet 2022

Itayaxa (2)

Itayaxa avait envie qu'on écrive sur elle de nouveau. Ou sur autre chose. Autre chose qui parlerait peut-être d'elle également. Tout peut parler d'Itayaxa, tant qu'il y a de l'incertitude, elle s'y glisse et s'en enfuit. Elle est dans les fautes de frappe, la météo, les rêves et certains bugs des ordinateurs. Pas tant que ça dans les dés, on les bouscule trop.
 
Itayaxa disparaît quand on la regarde, ou peut-être n'est-elle jamais visible, ce qui est dommage car elle est aléatoirement belle. Je ne sais pas si beaucoup d'êtres humains peuvent en dire autant.

Itayaxa joue peu car elle ne peut ni perdre ni gagner, simplement choisir un dénouement. Elle préfère se promener et créer de nouveaux chemins, de nouveaux lieux. Loin des yeux de la Terre car on l'a déjà bien cartographiée, un peu trop peut-être.

Itayaxa ne suit pas les consignes ni les recettes, c'est contraire à son caractère. Itayaxa se joue des chiffres. Elle a déjà inventé de nouveaux chiffres mais personne n'a voulu les utiliser, ç'aurait été trop compliqué. Tant pis. Elle aime le nombre i quand même.

À un moment de votre vie, vous rencontrerez une personne qui ne sera pas Itayaxa. Et une autre à côté qui sera peut-être elle. Mais sans doute pas. Qui le saura ?

samedi 16 avril 2022

Rêves n° 94, 95, 96, 99

 






Journaux intimes

J'en suis à mon cinquième journal intime.

Les deux premiers c'était quand j'étais petite, je n'y racontais que des souvenirs de vacances parce que l'école c'était nul ; j'essayais de faire style des écritures originales et des dessins mais en vrai c'était juste moche, et ce qui est bizarre c'est que je ne faisais que lister les événements et les lieux sans me confier vraiment. Aujourd'hui plein de pages ne me disent plus rien — est-ce que j'ai cru que je me souviendrais de tout juste en revoyant les noms des lieux ? Si c'était le cas c'est raté.

Le troisième c'est quand j'étais ado et il est super cringe, je surréagissais sur le moindre petit truc, c'était écrit avec des encres gel genre turquoise, argenté, rose paillettes, avec plein de smileys et d'argot internet de l'époque, mais je faisais zéro effort pour écrire correctement (comme je n'arrivais pas à avoir une belle écriture en m'appliquant, j'avais décidé de ne pas m'appliquer du tout). Honnêtement quand je rouvre ce carnet j'ai envie de le brûler, il y a des passages que j'ai caviardés au marqueur noir mais je sais qu'il n'y a aucun mystère, c'est juste du cringe en dessous.

Le quatrième carnet est mon préféré, toujours écrit en encres gel de toutes les couleurs mais mieux, parfois à l'encre parfumée aussi ; il y a de petits dessins de temps en temps (pas beaucoup parce que je n'avais pas appris à dessiner à l'époque), quelques passages où j'improvisais une sorte de rêve inventé (la première entrée du journal c'était ça, une sorte de rêverie où je porte une robe dans une forêt brumeuse et où je rencontre des créatures de la forêt). Je l'ai tenu de 2003 à 2019, en l'abandonnant parfois plusieurs années de suite, peut-être parce que je me confiais beaucoup sur internet, aussi parce que j'allais souvent mieux qu'avant — mes années fac étaient vraiment chouettes.

Après la fac j'ai eu une période où j'allais mal et où je n'osais même pas tout raconter dans mon journal, ces entrées-là sont au crayon, je n'ai jamais aimé écrire au crayon mais j'avais envie de m'effacer le plus possible et qu'on ne vienne pas me trouver.

Et puis un jour, un peu après ça, je me suis retrouvée seule dans une toute petite chambre d'hôtel sur l'autoroute sans internet pendant deux heures ; j'avais emporté un magazine, un livre et mon journal intime, j'ai lu mais surtout écrit pas mal, je me suis livrée et questionnée plus que d'habitude. Ça a été un des moments qui ont amorcé ma transition vers la fin du carnet : dans cette chambre d'hôtel je me suis demandé si je n'étais pas agenre, comme je n'avais pas l'impression d'être quoi que ce soit, juste de vouloir être plus près de mes rêveries du début du carnet. Après ça c'est allé vite, je me suis mise à écrire dans mon journal de plus en plus souvent.

Et du coup, dans ce quatrième carnet, la première entrée était une rêverie imaginaire où je me genrais au féminin, ensuite il y a eu des années où je me suis genrée au masculin par habitude mais en essayant d'éviter ça de plus en plus (comme sur mon blog que j'ai tenu des années en évitant tous les participes passés et adjectifs), puis il y a eu une seule entrée où j'ai tenté l'écriture neutre, et je termine le carnet en me genrant enfin au féminin — mais pour la vie réelle cette fois.

Mon cinquième carnet je le tiens régulièrement, pour le moment j'écris soigneusement en noir avec deux épaisseurs de stylo mais je pense y remettre d'autres couleurs à l'occasion.

Enfin, je dis cinquième mais j'ai aussi eu un tout petit que j'avais emporté en voyage scolaire à la place du « vrai » (pas envie que les autres se mettent à fouiller dedans). Et je tiens un journal de rêves depuis des années mais pas dans un carnet, je l'ai en fichier texte que j'uploade en guise de sauvegarde et que j'illustre régulièrement. C'est mon préféré ; je trouve toujours mes rêves plus intéressants que ma réalité même si j'ai plus de choses à raconter maintenant.

mardi 14 septembre 2021

Cocktails


Un petit topo vite fait, parce que c'est facile à faire soi-même mais que beaucoup de ressources en français sur internet laissent à désirer.

Si vous parlez bien anglais, vous pouvez zapper ce guide et aller voir le Starter's Guide du subreddit r/cocktails ou Cocktails Made Easy sur Difford's Guide !

Un cocktail maison vous coûtera entre 2 € (voire un petit peu moins) et, disons, 5 € (si vous y allez franco avec des alcools de qualité et des liqueurs chères).

N'essayez pas d'acheter tout ce qu'il faut pour faire les classiques, il y en a trop ! Commencez avec quelques bouteilles polyvalentes et complétez ensuite selon vos envies et votre budget ; vous pouvez utiliser Difford's Guide ou Mixel pour voir ce que vous pouvez faire avec ce que vous avez. Même si vous n'avez qu'une bouteille dans votre bar, vous pouvez sans doute faire au moins un sour avec (voir ci-dessous).

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À se procurer, de l'indispensable au plus dispensable :
  • Plein de glaçons ! (Et gardez-les bien à l'abri des odeurs, un congélateur n'est pas stérile !)
  • Des agrumes frais. Citrons jaunes et/ou verts, oranges, éventuellement pamplemousses. Et un presse-citron pour les presser + un couteau ou un économe pour les zester.
  • Un shaker ; les courants à trois pièces avec passoire intégrée sont les plus faciles à utiliser, mais galère si vous voulez faire une recette avec autre chose que des alcools et des jus (des feuilles de menthe ou des fraises par exemple). On conseille plutôt un deux pièces en métal (comme dessiné ci-dessus), à utiliser avec une passoire spéciale cocktail (de type Hawthorne, celle avec le ressort) plus une passoire fine classique — c'est un petit coup à prendre mais ça permet plus de contrôle et plus de liberté.
  • Des passoires, donc (une fine dans tous les cas + une Hawthorne si vous avez un shaker deux pièces (+ éventuellement une Julep aussi mais c'est moins utile))
  • Un ou plusieurs doseurs, qui peuvent être des jiggers classiques, un mini-verre gradué (genre Mini Measure), ou au pire des cuillères à café et à soupe :
     1 oz = 30 ml (= 2 cuillères à soupe ou 6 cuillères à café)
     ¾ oz = 22.5 ml
     ½ oz = 15 ml (= 3 cuillères à café)
     ¼ oz = 7.5 ml
     1 cuillère à café = 5 ml
     1 cuillère à soupe = 15 ml
  • Une cuillère de bar, avec le long manche torsadé
  • Des verres, d'une capacité d'environ 20 cl pour ceux servis “up” (sans glace) (les coupes à 2 € de chez Ikea font l'affaire mais sont un peu trop grandes — et beaucoup d'autres verres sont deux fois trop grands, les verres de taille correcte peuvent être étonnamment difficiles à trouver) + à whisky pour les cocktails on the rocks
  • De quoi faire du sirop de sucre : sucre, eau, balance, casserole, entonnoir, petite bouteille
  • Un flacon de bitters aromatique (Angostura) et un de bitters à l'orange (ou un set qui les comprend, voir ci-dessous)
  • Un pilon
  • Des piques et des cerises au sirop (plutôt sombres que rouges fluo ; les Fabbri ou Luxardo sont chères mais top)
  • Un moule pour faire de gros glaçons de deux pouces de côté, pas indispensable mais classe dans les verres à whisky
  • Un verre à mélange (traditionnel mais pas indispensable, on peut très bien utiliser une pièce de shaker) avec une passoire Julep (pas indispensable non plus)


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Donc, les grandes familles de cocktails, grosso modo :
  • ceux préparés directement dans le verre (ex. gin tonic, ti punch, old fashioned) ;
  • ceux frappés au shaker, très frais et avec une texture aérée, qui contiennent le plus souvent du jus d'agrumes (citron ou citron vert) dont l'acidité est compensée par des sirops ou liqueurs (ex. margarita, daiquiri, whiskey sour) ;
  • ceux mélangés à la cuillère, composés uniquement d'alcools, souvent avec liqueurs et vermouths (ex. manhattan, martini, negroni), plus forts et plus aromatiques ;
  • il y en a d'autres mais on va s'arrêter là pour faire simple.

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Au shaker


Si vous aimez les cocktails frais et acidulés, voici un modèle de base pour faire un sour (comme une margarita ou un daiquiri) :

 2 oz = 60 ml d'alcool fort
 ¾ oz = 22.5 ml de jus de citron ou citron vert
 ¾ oz = 22.5 ml de sirop ou liqueur

À adapter selon la recette exacte et vos goûts ! (Je préfère y aller mollo et mettre 20 ml de jus et de sucré pour ne pas masquer l'alcool, il y a quand même plus de complexité dans un spiritueux que dans le jus de citron ; d'autres préfèrent 30 ml pour une boisson plus rafraîchissante.) Il y a plein de combinaisons possibles :

 tequila + jus de citron vert + triple sec (= Cointreau ou curaçao) → Margarita
 rhum + jus de citron vert + sirop de sucre de canne → Daiquiri
 gin + jus de citron jaune + miel → The Bee's Knees
 gin + jus de citron vert + miel → The Business
 rye + jus de citron jaune + sirop de sucre + 2 traits de bitters Angostura + blanc d'œuf (facultatif, voir plus bas) + cerise (en garniture) → Whiskey Sour
 pareil avec du calvados à la place du rye → Calvados Sour
 cognac + jus de citron jaune + triple sec → Sidecar
 gin + jus de citron vert (⅓ oz ou 10 ml) + Chartreuse verte (⅓ oz ou 10 ml) → Green Ghost
 gin + jus de citron vert + sirop de sucre + menthe fraîche (frappée au fond du shaker) + 1 trait de bitters Angostura → South Side
 (rajoutez du concombre pilonné au fond du shaker et vous avez un East Side)
 tequila + jus de citron vert + sirop d'agave → Tommy's Margarita
 tequila + jus de citron vert + orgeat + muscade saupoudrée sur le dessus du verre → Infante
 bourbon + jus de citron jaune + miel → Gold Rush
 Jägermeister + jus de citron vert + triple sec (+ un peu de sirop de sucre) → Jägerita

… et plein d'autres. Si vous avez une bouteille un peu exotique dont vous ne savez pas quoi faire, rajoutez du jus de citron et du sirop de sucre, ça s'appellera un [nom de votre alcool] Sour et il y a de bonnes chances pour que ça fonctionne. (Si c'est un alcool fort. Si c'est une liqueur, utilisez-la plutôt à la place du sirop de sucre, avec du gin ou de la vodka ou autre chose.)

1. Rafraîchissez votre verre, soit en le mettant minimum trente minutes à l'avance au congélateur, soit en le remplissant de glaçons et d'eau froide le temps de préparer le cocktail ;
2. Dans votre shaker, mettez une (toute petite !) pincée de sel, c'est facultatif mais ça relève, un peu comme pour les gâteaux ;
3. Pressez votre citron jaune ou vert et mesurez ¾ oz (= 22.5 ml) que vous versez dans le shaker ;
4. Ajoutez la même quantité de sirop ou de liqueur (si vous faites un daiquiri vous pouvez mettre un peu moins de sucre, pour une margarita un peu plus de Cointreau ou rajouter un trait de sirop d'agave, ça dépend) ;
5. Ajoutez l'alcool (2 oz = 60 ml) ;
6. Puis assez de glaçons pour qu'ils arrivent jusqu'à la surface ;
7. Préparez votre verre (= jetez les glaçons et l'eau ou sortez-le du congélateur), fermez le shaker et frappez le cocktail jusqu'à ce que les parois se givrent bien, disons une douzaine de secondes ;
8. Versez en retenant les glaçons avec une passoire, garnissez si vous voulez. C'est prêt !

La méthode est la même pour la plupart des cocktails au shaker ; le seul truc à savoir en plus je crois, c'est pour le blanc d'œuf qui donne leur texture mousseuse à certains cocktails. C'est souvent facultatif, mais si vous voulez faire ça, il vous faut frapper deux fois le cocktail, une fois sans glace (ou avec juste un glaçon mais pas plus) et une fois avec. Ça s'appelle un “dry shake”. (Sinon, méthode alternative qui risque moins d'en spritzer partout : prenez un petit fouet de cuisine et fouettez le cocktail avant de rajouter la glace et de le frapper.) Comme alternatives véganes au blanc d'œuf, vous pouvez utiliser de l'aquafaba ou des bitters moussants conçus spécialement pour ça.

 + Deux autres recettes au shaker que j'aime beaucoup, avec des ratios différents mais préparés selon la même méthode :

Last Word : 30 ml gin + 20 ml jus de citron vert + 20 ml Chartreuse verte + 20 ml maraschino. Herbacé, intense et contrasté ! On peut trouver plein de variantes sur le même modèle (alcool fort + jus acide + liqueur + autre liqueur), traditionnellement à parts égales (¾ oz de chaque) même si je préfère un ratio 3:2:2:2. Le Final Straw, avec Scotch tourbé (Islay), jus de citron, Bénédictine et Chartreuse jaune, est une de mes préférées.

Pink Lady : 1½ oz gin + ½ oz calvados + ¾ oz jus de citron jaune + ¾ sirop de sucre + ¼ grenadine + blanc d'œuf + garni avec une cerise. Et avec du Scotch à la place du gin, ça s'appelle une Scotch Lady.


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Old Fashioned


Si vous n'aimez pas trop l'acidité ou que vous préférez les cocktails qui ont plus de corps, à siroter plus lentement, faites plutôt un cocktail à la cuillère (section suivante) ou un old fashioned traditionnel. Pour l'old fashioned, il vous faudra un whisky, du sirop de sucre et un flacon de bitters aromatique.

Prenez un verre à whisky, un gros glaçon si vous en avez un (sinon plusieurs normaux), versez 2 oz (60 ml) de whisky (rye ou bourbon pour un classique), ¼ oz (une lichette) de sirop de sucre (1:1), deux traits de bitters aromatique et remuez. Assez pour que ça se rafraîchisse et se dilue un peu, selon votre goût. Prenez ensuite un zeste de citron ou d'orange (on recommande en général le citron pour le rye, l'orange pour le bourbon), tordez-le un peu au-dessus du verre et frottez-le sur le pourtour pour libérer les huiles aromatiques (on appelle ça « exprimer » le zeste), jetez-le dans le verre ou à la poubelle selon l'intensité voulue, et voilà !

Pour des variantes, remplacez le whisky par n'importe quel autre alcool, le sirop de sucre par n'importe quel autre sirop (érable, sucre brun, sirop parfumé…), le bitters aromatique par n'importe quel autre bitters si vous en avez et testez. Mes préférés sont l'Oaxaca Old Fashioned et le Conférence, deux recettes de chez Death & Co qui sont plus élaborées (un mélange d'alcools forts à chaque fois) mais vraiment super.

(Personnellement, je préfère mes old fashioned pas trop dilués, du coup je les fais à la cuillère selon la méthode ci-dessous, en les servant quand même sur un gros glaçon. Mais en principe ça ne se fait pas.)

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À la cuillère


La grande majorité des cocktails à la cuillère contiennent du vermouth, rouge (sweet) ou sec (dry / extra dry) ; c'est à base de vin et de plantes et ça se conserve impérativement au réfrigérateur, 4 à 6 semaines pour le sec, 6 à 8 pour le rouge qui est plus sucré. Une demi-bouteille de 375 ml devrait vous suffire.

Les cocktails à la cuillère sont traditionnellement mélangés dans un verre à mélange et filtrés avec une passoire Julep, mais une timbale de shaker et votre passoire à cocktail habituelle feront aussi parfaitement l'affaire.

Pour faire un Manhattan :
 2 oz = 60 ml (= 4 cuillères à soupe) de rye (ou à défaut du bourbon, ou un autre whisky ; si vous prenez du Scotch, ce sera un Rob Roy, ça peut se faire avec du cognac aussi mais c'est un peu moins bon)
 1 oz = 30 ml (= 2 cuillères à soupe) de vermouth rouge
 2 traits de bitters aromatique
 un zeste d'orange (facultatif)
 une cerise au sirop (facultatif)

1. Rafraîchissez votre verre (comme pour la première recette) ;
2. Mesurez et versez le rye, le vermouth et les bitters dans votre verre à mélange ou timbale ;
3. Ajoutez assez de glaçons pour qu'ils arrivent jusqu'à la surface du liquide ;
4. Sortez votre verre rafraîchi, votre passoire et remuez le cocktail avec la cuillère de bar pendant 30 à 45 secondes (une cinquantaine de tours environ).
5. Versez en retenant les glaçons ; tordez le zeste d'orange au-dessus du verre et frottez-le un peu sur le pourtour pour libérer les huiles aromatiques, jetez-le ensuite, et décorez avec la cerise. C'est prêt !

 + Trois autres recettes classiques à la cuillère :

Pour faire un Negroni (j'adore ça mais c'est très amer) :
 1 à 1½ oz = 30 à 45 ml de gin
 1 oz = 30 ml de vermouth de rouge
 1 oz = 30 ml de Campari
 servir on the rocks, garnir avec un zeste d'orange, flambé si vous le souhaitez. (Pressez le zeste au-dessus d'une alumette enflammée au-dessus du verre ; ça peut faire des étincelles et donne un goût caramélisé !)

Pour un Martini, sec et subtil, ça dépend complètement de votre préférence mais :
 2 à 2½ oz = 60 à 75 ml de gin
 ½ à ¾ oz = 15 à 22.5 ml de vermouth sec (on peut même descendre plus bas ou monter jusqu'à 1 oz)
 1 trait de bitters à l'orange (facultatif)
 servir “up” (sans glace), avec un zeste de citron ou une olive. Le ratio gin / vermouth, c'est vraiment selon votre goût ; ce cocktail est tellement connu et il en existe tellement de variantes qu'il existe carrément un FAQ du Martini.

Pour un Sazerac, fort et épicé, un autre de mes préférés :
 40 ml de rye
 20 ml de cognac
 5 ml de sirop de sucre (1:1)
 4 à 5 traits de bitters créole ou Peychaud's
 1 trait de bitters aromatique
 à servir “up” dans un verre préalablement rincé à l'absinthe (versez un chouilla d'absinthe dans le verre, faites tourner pour bien recouvrir les parois et jetez ou buvez l'excédent). Exprimez légèrement un zeste de citron sur le dessus du verre, pas trop pour ne pas recouvrir l'absinthe, et jetez-le. Il existe également une variante de ce cocktail avec du vermouth rouge et de la Bénédictine qui s'appelle “à la Louisiane” ou “de la Louisiane”, un délice.

(Ça prend une majuscule ou pas, les noms de cocktails ?)

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Bouteilles


On peut déjà avoir une très bonne carte avec une dizaine ou douzaine de bouteilles, voire moins !

Voici une liste de marques recommandées sur le site Kindred Cocktails (ça vient des US donc certains prix peuvent changer).

Le gin, c'est abordable et ça va avec presque tout. Une bouteille de London Dry classique genre Beefeater ou Tanqueray vous ouvrira plein de possibilités ; Plymouth est excellent aussi dans un style différent, plus subtil (parfait pour les martinis par exemple).

Comme les cocktails sont une invention américaine, les whiskies les plus utilisés sont le rye (qui a plus de caractère) et le bourbon (plus rond et sucré). On peut souvent remplacer l'un par l'autre, mais le résultat reste assez différent pour que ça vaille le coup d'avoir les deux. Pour le Scotch, difficile de remplacer un blend par un Islay ou vice versa, ils sont trop différents. Les whiskies irlandais sont moins utilisés en général.

J'aime beaucoup la tequila, mais il faut savoir quoi prendre — celles qu'on trouve en supermarché sont presque toujours des mixto (= coupées avec autre chose que de l'agave) de qualité médiocre. Cherchez impérativement la mention “100% agave” sur la bouteille. Une blanco genre Espolòn (30 € la bouteille) vous suffira largement pour commencer, mais c'est appréciable d'avoir une reposado aussi pour certaines recettes, à la cuillère surtout ; Difford's Guide fait quasiment tout à la reposado, vous pouvez souvent remplacer par de la blanco. (L'añejo ressemble un peu à du whisky.) Si vous voulez une tequila de dégustation, je vous conseille de chercher sur les sites et forums et passionés pour éviter celles parfumées artificiellement avec des diffuseurs (oui c'est technique), ou les trop chères qui misent tout sur le marketing. Et si vous voulez du mezcal, surtout, évitez les moins chers avec un ver dans la bouteille, c'est un attrape-gringos ! Vous pouvez prendre du Verde Momento ou du Koch par exemple, ou Vida qui est plus connu mais un peu plus cher.

Le rhum, c'est la catégorie la plus compliquée — il existe plein de classifications différentes et beaucoup de recettes en demandent plusieurs particuliers sans toujours s'accorder sur lesquels. Les couleurs (blanc, ambré) peuvent être trompeuses, on classe souvent par provenance (les colonies britanniques, espagnoles et françaises ont trois modes de fabrication différents et trois styles différents). Je m'y connais peu encore, mais si vous voulez creuser ça, voici deux liens (en anglais) : http://5minutesofrum.com/substitutions/https://cocktailwonk.com/2015/07/minimalist-tiki-what-you-truly-need-to-make-the-classics-at-home.html.

Ensuite, on peut faire de très bonnes boissons avec du cognac (brandy), du calvados (apple brandy, applejack, je ne sais pas trop quelle différence il y a entre les trois), l'absinthe c'est cher mais ça peut être utile en petite quantité. La vodka par contre… perso je n'en utilise jamais. À part les vodka martinis je suppose, les cocktails à la vodka ont le goût des autres ingrédients. D'ailleurs le livre de recettes de chez Death & Co ne contient aucune recette à la vodka.

Les liqueurs les plus utiles à ma connaissance :
  • triple sec = Cointreau = curaçao (il existe deux types de liqueurs à l'orange, les pure orange genre Cointreau et celles basées sur du cognac comme le Grand Marnier ; j'ai juste une bouteille de Cointreau perso, jamais testé le Grand Marnier) ;
  • maraschino ou marasquin, une liqueur bien particulière faite avec des cerises entières noyaux compris (ce qui lui donne un goût un peu amandé). La marque Luxardo est la référence, ça peut être difficile à trouver en boutique mais ça vaut le coup ;
  • les Chartreuses : la verte est très végétale et herbacée, la jaune plus ronde et plus polyvalente avec des notes de miel et de safran, les deux sont super ;
  • la Bénédictine D.O.M., une autre liqueur monastique au miel et aux plantes ;
  • si vous aimez l'amertume : Campari, Suze et Cynar (l'Aperol est aussi très courant mais moins amer, pas testé ; il y a aussi toute une gamme d'amers italiens réputés, mais tous ne se trouvent pas facilement) ;
  • le St Germain (liqueur de sureau) est un peu cher mais un très bon ingrédient, avec un goût plutôt subtil et étonnamment acidulé qui rappelle le litchi et apporte donc plein de notes pour équilibrer un cocktail, ça va presque avec tout. Notez aussi que vu son faible degré d'alcool, cette liqueur risque de brunir (je ne sais pas si elle périme ou si elle change juste de couleur ?), contrairement aux autres qui se conservent indéfiniment a priori ;
  • le falernum, à base d'agrumes dont du citron vert, d'amandes et d'épices (clous de girofle notamment), souvent utilisée dans les cocktails au rhum mais pas si facile à trouver en France (j'ai pris celui de la marque Ferroni qui est très bon) ;
  • ensuite on cite souvent les liqueurs de café ou d'abricot, parfois de violette, mais faites selon vos goûts.

Pour les vermouths, on trouve les moins chers (Martini, Cinzano) partout mais ça vaut le coup de monter en gamme ; j'aime bien le Noilly Prat en dry, si vous trouvez du Dolin rouge ça reste pas cher et c'est déjà mieux. Les Cocchi ont très bonne réputation mais je n'en ai jamais vu en France. Si vous avez des thunes (presque 30 € la bouteille quand même), Belsazar et Carpano Antica sont top, à boire purs aussi. Attention, le vermouth blanc et le vermouth sec ne sont pas la même chose ; le blanc est utilisé aussi mais nettement moins (comme le Lillet blanc, utilisé dans quelques recettes et qui est aussi très bien pur en apéritif en été). À conserver au frigo sous 4-6 semaines (sec) ou 6-8 semaines (rouge) !

Les bitters (à ne pas confondre avec les liqueurs amères), ce sont les épices des cocktails, vendus en petits flacons et utilisés en petite quantité ; on peut en trouver plein, mais les plus utiles sont de loin le bitters aromatique (Angostura ou équivalent, avec l'étiquette trop grande) et le bitters orange (qui peut aussi être de marque Angostura mais il y en a d'autres). Le Peychaud's ou bitters créole est le troisième plus connu, ensuite viennent le bitters chocolat ou molé, le bitters pamplemousse et plein d'autres plus rares. Même un petit flacon vous durera des années. La marque The Bitter Truth a sorti un petit coffret (Travelers' Set) avec cinq mini-bouteilles dont les trois plus connus, ça peut être une bonne affaire !


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Jus et sirops

À presser et à faire soi-même ! Toutes les références s'accordent pour dire que les jus d'agrumes en bouteille n'ont pas le même goût que ceux pressés frais, ni la grenadine ou l'orgeat d'ailleurs.

Le sirop de sucre (1:1 = sirop simple), c'est très facile à faire : prenez le même poids d'eau et de sucre et mélangez dans une casserole en chauffant jusqu'à ce que ça soit dissous. Laissez refroidir et conservez dans une bouteille au frigo pendant, disons, deux semaines (en surveillant pour que ça ne moisisse pas). Faites ça en petite quantité selon vos besoins.

Sinon, vous pouvez remplacer ça par du sirop riche (2:1), avec deux parts de sucre pour une part d'eau, soit l'équivalent des sirops de sucre vendus dans le commerce — ça empêche les moisissures de se former et se conserve plus longtemps. L'inconvénient, c'est qu'un sirop riche est une fois et demie plus sucré qu'un simple (et non deux comme on pourrait le penser) ; la plupart des recettes étant conçues pour du simple, il faudra mesurer un quart de moins à chaque fois. Sauf chez Difford's où ils mesurent en riche. Adaptez selon vos goûts.

Sirop de miel : deux à trois parts de miel dissous dans une part d'eau, à ne pas trop chauffer pour ne pas abîmer le miel. Plus simplement, j'aime bien prendre 1 gramme de miel pour 1 ml de sirop demandé dans la recette, à dissoudre dans juste assez d'eau chaude pour que ce soit fluide.

Sirop de grenadine : une part de jus de grenade pour une part d'eau, dissous dans une casserole comme le sirop simple — et si vous voulez fignoler, ajoutez de la mélasse de grenade et une goutte d'eau de fleur d'oranger. C'est très différent de la grenadine du commerce, qui est plus sucrée et parfumée avec d'autres fruits rouges que la grenade ! Vous pouvez aussi rajouter une goutte d'alcool neutre (vodka) dans la bouteille pour que ça se conserve plus longtemps.

Pour le sirop d'orgeat : grillez n grammes d'amandes avec la peau dans une poële sèche, broyez-les grossièrement (ou hachez-les très finement), faites bouillir 2n grammes d'eau et 2n grammes de sucre, rajoutez les amandes broyées, coupez le feu, couvrez et laissez reposer une journée. Puis filtrez bien, rajoutez éventuellement une ou deux gouttes d'alcool et d'eau de fleur d'oranger — voilà pour l'orgeat ! + Bonus : remettez les amandes broyées qui restent sur le feu, dans une casserole non couverte, en remuant constamment jusqu'à ce que l'eau soit évaporée et le sucre caramélisé. Ça vous fait du délicieux pralin en plus !


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Ressources utiles

Toutes en anglais, désolée ! Évitez 1001cocktails.com, à moins qu'ils aient vraiment changé de fond en comble depuis c'était… vraiment n'importe quoi à une époque lol. Avec des ados bourrés qui se fritaient dans les commentaires, une recette avec un ingrédient toxique, une autre qui promettait d'être « efficace mais pas terrible niveau goût », une où il fallait mélanger à la fourchette dans le verre — je n'invente rien. (La pire recette de Sazerac que j'ai vue provenait de là aussi.)

Je me répète mais pour savoir ce que vous pouvez faire avec les bouteilles que vous avez, plus de bons tutos (en anglais), je conseille Difford's Guide : créez-vous un compte, entrez les bouteilles que vous avez et suivez les instructions. Notez qu'ils utilisent du sirop de sucre 2:1, à adapter donc si vous utilisez du 1:1. Et comme le site est sponsorisé par des marques d'alcool, vous pouvez leur faire confiance pour les recettes mais pas forcément pour les avis sur les bouteilles.

Sinon l'application Mixel a bonne réputation aussi (pas testée).

Le blog de Jeffrey Morgenthaler a quelques recettes et trucs utiles.

Si vous voulez créer vos propres recettes, le calculateur de Cocktail Chemistry vous sera utile pour équilibrer l'acidité, la sucrosité et le degré d'alcool — mais je vous conseille surtout de partir d'une recette connue qui vous plaît et de remplacer un ingrédient par un autre du même type ! Par exemple de remplacer le gin par du rhum, du triple sec par une liqueur d'abricot, ce genre de choses. C'est la technique du Monsieur Patate.

Un bon livre peut être très utile ! J'en ai deux qu'on m'a offerts en anglais : Liquid Intelligence de Dave Arnold, qui explique toute la science derrière, les bases, et comporte plein d'expériences et trucs impossibles à réaliser chez soi — et un livre de recettes de chez Death & Co, une référence. En français, à tester mais Les cocktails c'est pas sorcier de Mickaël Guidot me semble bien a priori.



lundi 13 septembre 2021

Les glaçons

Les petits glaçons naissent dans les congélateurs, et les petites frilles ailleurs parce qu'il fait froid là-dedans et les petites frilles c'est des chochottes qui meurent quand il fait trop froid. Quand les glaçons grandissent, ils deviennent soit des icebergs, soit des trolls élémentaires de glace qui jouent tous Sub Zero dans Mortal Kombat et les Ice Climbers dans Smash Bros — une tactique fourbe qui n'a pour but que de créer de nouveaux glaçons. Mais soyons pragmatiques et pensons à des applications possibles. Le réchauffement climatique, par exemple : serait-il possible de combattre le réchauffement climatique grâce aux glaçons et/ou aux trolls élémentaires de glace ? Pourrait-on construire, par exemple, un glaçonneur géant qui catapulterait de gros glaçons dans le soleil pour contrebalancer l'effet de nos centrales à charbon, de la déforestation, des pets de vaches et des Américains qui mangent trop de haricots ? Notons en passant que quand c'est bien préparé, c'est délicieux, les haricots. Les haricots rouges, on peut faire des plats mexicains avec, et les haricots verts on peut faire des plats d'un autre pays avec mais je sais pas lequel, la France sans doute, et avec plein de haricots dessinés sur des cartes on obtient le jeu de cartes allemand Bohnanza qui est plutôt fun si vous aimez les jeux de cartes allemands où il faut négocier, planter et récolter des haricots, il est aussi sorti en français mais je ne connais pas son nom en français (mon frère l'avait acheté à une époque où il n'était disponible qu'en allemand et le monsieur du magasin avait rajouté un petit papier imprimé avec les règles en français). Mais bref, revenons à notre sujet initial — pourrait-on envisager de remplacer les arbres qu'on a coupés par des arbres de glace, ce qui pourrait être joli en hiver s'il y a de la neige ? Hélas, on obtiendrait vite des arbres-flaques quand il fait doux, qui n'auraient plus du tout la forme d'arbres d'ailleurs, et en été on n'aurait plus rien. Rien qu'un peu de vapeur d'eau disparue en mémoire de l'arbre qui était là. Comme ce serait dérisoire. Pour ce qui est de l'idée du glaçonneur, qui devrait sans doute s'appeler canon à glace plutôt, la vitesse à laquelle il faudrait projeter les glaçons dans le soleil risquerait de les échauffer trop pour qu'ils restent gelés, et des glaçons chauds seraient forcément moins efficaces. Il faudrait demander à un ingénieur s'il n'y aurait pas moyen de limiter l'échauffement — par exemple en enrobant les glaçons d'autres glaçons très froids, eux-mêmes entourés de glaçons très très froids dans des sacs isothermes, si tant est que les sacs isothermes n'abîment pas le soleil. On pourrait peut-être faire un essai sur un mini-soleil avec un mini-glaçonneur avant. Ou tester le glaçonneur sur Donald Trump, ça serait encore mieux qu'une tarte à la crème. D'un point de vue utilitariste, balancer à peu près n'importe quoi dans la tronche de Donald Trump pourrait se justifier, mais je ne suis plus aussi convaincue du bienfondé de l'utilitarisme que quand j'étais jeune (les cours de Michael Sandel m'ont convaincue qu'il y avait plusieurs problèmes avec ça, et j'ai trouvé d'autres arguments contre depuis), sauf que je ne sais pas trop sur principes baser ma vie du coup. Digressons cependant de cette digression qui n'a que peu de rapport avec les glaçons (j'y reviendrai autre part, je ne sais pas où, je ne sais pas quand) et notons qu'il n'y a pas que l'écologie dans la vie ! Pensons aussi à, euh, autre chose. À la cinématographie ? Voilà, je pense à la cinématographie. Enfin j'essaie. Vaguement. Pensez-vous à la cinématographie ? Enfin vous faites comme vous voulez, hein, on peut aussi penser à une vache alpiniste ou à une grenouille qui grenouille. Il y a sans doute des liens entre glaçons et cinématographie, même si je ne vois pas lesquels (à moins éventuellement les glaçons dans les sodas qu'on peut acheter dans les cinémas, mais franchement quand je vais au cinéma — ce qui m'arrivait une fois tous les trois ans environ avant la pandémie, je ne sais pas si j'y retournerai aujourd'hui — c'est pour voir un film, pas pour boire du soda. D'ailleurs je ne bois jamais de soda. J'avais une parenthèse à fermer je crois ? Ah oui, voilà →) Y a-t-il des scènes de films cultes où les glaçons ont un rôle important ? Probablement, mais je n'en connais pas. La scène où l'on voit les vagues dans le verre d'eau qui annoncent les gros dinosaures qui débarquent dans Jurassic Park aurait-elle été meilleure, équivalente ou moins bonne si le verre avait été rempli de glaçons ? Voilà qui demanderait réflexion si je ne m'en foutais pas. Changeons donc de domaine et pensons plutôt à une brave vache alpiniste qui s'appelle Josiane. J'espère qu'elle n'a pas froid. Si elle a froid ce ne sont pas les glaçons qui vont l'aider. Bon courage Josiane ! On peut aussi penser à la calligraphie, domaine où les glaçons ne servent à rien non plus à ma connaissance. Pensons à autre chose donc. Mais à quoi ? Penser, cela demande réflexion. Au free jazz ? Non. À la topologie ? Probablement pas. Aux jeux vidéo ? Ah oui, là il y a quelque chose : que seraient les jeux de plate-forme 2D sans les mondes avec de la glace qui glisse ? Les puzzles dans les temples de glace de Zelda où il faut pousser des gros blocs ? J'aime bien les mondes de glace dans les jeux vidéo parce qu'en général il y a de la chouette musique. Quoi qu'il en soit, les glaçons sont surtout très utiles pour faire des cocktails (je sais en faire maintenant, si vous voulez des trucs ou des recettes je peux vous en donner, même si c'est sans doute encore pire pour la santé que les sodas) ou pour se rafraîchir par temps de canicule, quand les glaçons dans l'eau redonnent un peu confiance en la vie qui, soyons honnêtes, serait meilleure sans les canicules. Mais serait un peu moins bonne sans les glaçons. À mon avis.

mercredi 25 août 2021

Rêve n°81 (Niveaux dans le ciel)

 


Donc,

ce blog est à l'abandon principalement parce que le nouveau Blogger est devenu légèrement plus pénible à utiliser.

Et aussi un peu parce que j'ai la flemme de tout publier en anglais et en français (je privilégie l'anglais), et que ça a nettement plus de sens de publier mon journal d'écoutes sur RYM / Sonemic que sur ce blog. Je continue à dessiner aussi. Tout ça est sur mon site, RYM et Tumblr.

Ce blog me servira surtout d'archive pour les quelques versions françaises que je ferai, de mon journal de rêves notamment.

samedi 26 septembre 2020

♪ 97 : Tournures natives d'un avenir brun en négatif

Les 180 Gs ont eu une idée de génie : un album de reprises doo-wop de Negativland. Oui, en chantant les collages de samples et tout ! Je pense qu'il faut connaître Negativland pour apprécier (écoutez au moins Escape from Noise — j'en avais parlé ici — et lisez l'histoire de Helter Stupid), mais c'est génial — non seulement c'est très prenant et ça groove bien, mais c'est tout aussi drôle que les originales pour des raisons différentes.

Passer d'“I Still Haven't Found What I'm Looking For” de U2 (pour référence) à sa version vandalisée à coups de kazoo et de samples par Negativland (notamment le présentateur Casey Kasem qui n'en peut plus de devoir présenter le top 40 en même temps qu'un hommage à un chien de compagnie récemment décédé), puis à la reprise de tout ça (craquage compris) par les 180 Gs, c'est un grand moment de musique et de rigolade. Le chœur qui reprend “Christianity is stupid! Communism is good!” a capella est presque surréaliste. Le groupe n'arrive certes pas à sauver “Car Bomb” qui était déjà lourdingue à la base, mais dans l'ensemble, c'est excellent.

Ils ont aussi repris un album des Cardiacs et un ou deux des Residents !
 
 
 
 
Je suis en train de replonger dans la discographie du Hafler Trio, et je tombe sur une perle complètement inattendue : H3ÖH, collaboration entre Andrew McKenzie (The Hafler Trio), Hilmar Örn Hilmarsson (HÖH) et Einar Örn (des Sugarcubes avec Björk). Imaginez un peu du Nurse with Wound inspiré par la trance et autres musiques électroniques dansantes et psychédéliques du summer of love ! C'est peut-être le seul disque dansant qu'ait sorti McKenzie, ou peut-être pas, en tout cas c'est son plus inattendu et un de ses meilleurs.

Chose étonnante : McKenzie, qui a toujours été contre l'écoute en ligne et les formats MP3, a une page Bandcamp désormais. Bon, il ne vous laisse pas écouter sa musique si vous ne l'avez pas achetée, mais quand même. Je serais curieuse d'écouter à quoi ressemble son dernier projet, intitulé ‘'''''''’, mais pas au point de dépenser dix-sept euros à l'aveugle pour sa version album.


 
 
 
Je continue à découvrir le spiritual jazz avec Sama Layuca de McCoy Tyner : accents tropicaux, plein d'arabesques, de grâce, puissant et léger en même temps. Et toujours avec de belles mélodies. Une musique pleine de facettes scintillantes. J'ai aimé les trois albums que j'ai écoutés de l'artiste pour le moment, mais celui-ci est mon préféré !
 






 
 
 
Et puis Youtube m'a recommandé Don Cherry alors j'ai écouté et j'ai aussi adoré. Brown Rice notamment (ou éponyme selon les éditions), un album de jazz “world fusion” qui pioche ses inspirations dans plein de pays différents au point que ça pourrait être caricatural, sauf ça fonctionne carrément. Très psychédélique, sombre, relaxant et lumineux en même temps (et ludique au point d'être drôle parfois, mais ça c'est peut-être seulement à mes oreilles), les quatre pistes sont comme quatre recettes de bric et de broc qui donnent toutes quelque chose de magique.

Lisez la critique (en anglais) de finulanu, elle est très bien.
 

 
 
Dernier disque de lowercase à m'avoir marquée : Jisei de Vittorio Guindani, dix-neuf pistes courtes d'ombres, de traces, de couleurs subtiles, des petits riens en apparence, qui révèlent beaucoup de richesse et de subtilités quand on les écoute attentivement. Des mélodies et instruments traditionnels sont utilisés aussi, mais toujours de manière discrète.
 




 
 
 
La découverte de Voices from the Lake à l'époque avait été une révélation pour moi, et j'ai accroché à beaucoup d'autres disques de deep techno depuis, mais je crois que Turns de Barker & Baumecker est le meilleur que j'ai écouté jusqu'ici. Les beats, plutôt minimaux et légers, sont irréprochables (la deutsche Qualität du label Ostgut Ton) mais c'est surtout l'amtosphère, avec cette profondeur dans le son et ces nappes ambient, qui m'impressionnent — pas d'impression sous-marine ici, on est plutôt sur le bord d'un paysage aérien, avec l'impression de pouvoir plonger ou s'envoler sur des hauteurs vertigineuses.

 


mercredi 26 août 2020

♪ 96 : La reine oxygénée et l'amplification des six milliards de polymètres

Davaajargal Tsaschikher
Re Exist (2020)
Davaajargal Tsaschikher est un artiste mongol — peut-être le seul que je connais, en tout cas le seul que je puisse citer de mémoire (de copier-coller). Il fait partie d'un groupe de rock que je n'ai pas écouté, mais sur son premier album solo, Re Exist, ce sont des compositions ambient expérimentales inspirées de musiques traditionelles mongoles qu'il présente, avec du morin khuur (instrument à cordes), des chants de gorge, le tengrisme comme inspiration… et une collaboration avec Alva Noto.

Je dis ambient mais cette musique n'a rien de léger : elle est intense, surprenante, sombre, parfois irréelle, chargée de mélancolie ou d'une puissance contenue. Toutes ne plairont pas à tout le monde, je suis sûre que beaucoup trouveront l'album inégal, mais personnellement j'aime tout cet univers. Et on sent très bien que les racines de cette musique-là sont ailleurs, c'est fascinant.




eRikm · Mistpouffers (2018)
J'ai mis du temps à comprendre ce qui me plaisait dans Mistpouffers d'eRikm, un disque de musique concrète à histoires et juxtapositions. Il y a déjà cette clarté dans les sons qui les rend instantanément présents, ces dynamiques qui font qu'on ne s'ennuie jamais — combinées à du mystère, de l'impossibilité même tant les sons ne correspondent jamais à une scène imaginable.

Et puis il y a autre chose, sur “L'aire de la Moure 2” (la meilleure piste, franchement excellente) : cette voix qui annonce des termes techniques d'aviation militaire, ces états, ces tâches à effectuer qui forment la structure de la composition, associée à des environnements sonores entre glitch et phonographies, sans que le lien avec la voix soit perceptible… et au milieu, quelques lignes de Paul Éluard. À vous de voir ce que vous voulez suivre : l'ordre imposé, la nature (?) ou la fantaisie. Ou si vous vous perdez à vouloir les réconcilier.

Bon, il est vrai que l'album brille surtout pour ses première et troisième pistes (la première se base sur une histoire islandaise traduite) ; “Poudre”, un enregistrement de feux d'artifices qui se termine en détonations qui pourraient évoquer une guerre, est moins intéressante, je la vois plutôt comme une interlude entre les deux autres. Mais l'album dans son ensemble est vraiment très bon.




Chris Korda
Six Billion People Can’t Be Wrong
(1999)
Dans le genre ultraprovocatrice, Chris Korda envoie du lourd. Elle est la fondatrice de l'Église de l'Euthanasie, qui prône « Tu ne procréeras point » et se base sur les quatre piliers du suicide, de l'avortement, du cannibalisme et de la sodomie. Son clip “I Like to Watch”, sorti à la suite du 11 septembre et banni partout, juxtapose des images de l'attentat avec des vidéos pornographiques. Elle a manifesté avec des slogans comme “Save the planet, kill yourself” ou “Eat people, not animals”.

Mais comme c'est pour sa musique que je parle d'elle : Six Million Humans Can't Be Wrong et The Man of the Future sont remplis de sacrées bonnes pistes de house, avec des sons volontairement synthétiques et artificiels mais de vrais grooves en plus de l'humour satirique. Six Million Humans Can't Be Wrong est plus fun (“Save the Planet, Kill Yourself” est un de ses meilleurs tubes) ; The Man of the Future est plus ouvertement sensible, avec la ballade “Nothing”, le groove entraînant mais chargé de pensées sombres de “When It Rains”, ou l'instrumentale “Bones” avec ses respirations qui a quelque chose de vraiment beau (j'aime quand la deep house est mélancolique).




Un exemple d'infographie de
poterie psychédélique de l'artiste,
et la pochette de son single
“Vizyon”.
La même Chris Korda a aussi sorti des compositions instrumentales à contraintes ; Akoko Ajeji et Polymeter par exemple sont des albums en « polymètres complexes », électroniques à tendance deep house sur Akoko Ajeji, piano jazzy 100 % synthétique sur Polymeter. L'artiste s'est efforcée d'associer au moins trois mètres différents par piste, avec des facteurs premiers supérieurs à 4 pour que ce soit intéressant (elle décrit son processus dans les notes de Polymeter, lisibles sur Bandcamp). Si je ne m'y connais pas assez en musicologie ni en maths pour tout suivre, je peux dire qu'Akoko Ajeji est un album cool, très original dans son genre (les compositions complexes et les sons cheap associés à cette esthétique, ça fonctionne étonnamment bien), mais que j'accroche moins à Polymeter, où ces sons basiques et froids nuisent plutôt. Je préférerais écouter ces compositions jouées par un·e pianiste plutôt qu'un programme. Mais c'est vrai que pour ça il faudrait faire appel à un de ces foutus êtres humains.

En plus de ça, il y a le drone de Planets qui reflète à échelle les orbites des planètes, une autre piste basée sur le tarot, etc. Et l'artiste s'apprête à sortir un nouvel album le mois prochain, qui traite de collapsologie semble-t-il.




Vessel
Queen of Golden Dogs
(2018)
Queen of Golden Dogs de Vessel — en partie musique de chambre, en partie musiques électroniques contemporaines, aussi étrange et lumineux que la peinture de Remedios Varo sur la pochette. Danses médiévales électrifiées, chœurs résonants dans des labyrinthes de verre, le chant a capella de “Torno-Me Eles E Nau-E” cohabite avec les grooves paradoxaux hallucinés de “Glory Glory” qui ne sont pas sans rappeler les déconstructions de trance pointillistes de Lorenzo Senni. D'autres aspects me rappellent un peu Age Of de Oneohtrix Point Never mais en meilleur (j'aime OPN mais cet album-là était plutôt décevant à part “Same”). Et je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il y a des modes ou rythmes inhabituels là-dedans !




Ludwig A.F. Röhrscheid
Velocity (2018)
Je recommande ausssi les EPs de Ludwig A.F. Röhrscheid, surtout Velocity et Oxygen, parfaits pour avoir l'impression de flotter agréablement dans l'atmosphère liquide d'un monde futuriste. Velocity est plus rythmée, Oxygen plus ambient. Ça fait du bien.










(Là c'est la pochette du Keith Rowe,
étonnant et vraiment beau, mais
il y en a plein d'autres qui
sont super !)
Et il faut quand même que je parle d'AMPLIFY 2020 — un festival de musique organisé par Jon Abbey d'Erstwhile Records, annulé pour cause de COVID-19 et remplacé par une longue série de pistes expérimentales, toutes disponibles en téléchargement gratutit, par plein d'artistes que j'aime et plein que je ne connais pas encore. Il y en a plus de 200 pour le moment (!) et je ne suis pas tout, du coup je vous renvoie à la liste-critique en cours que tient Connor Kurtz alias velocifish (lui aussi musicien expérimental sous le nom Important Hair, dont je vous recommande les disques si vous aimez le drone et les musiques lowercase) : AMPLIFY 2020: Quarantine Diary

En gros je prends tout ce qu'il note 7 ou plus, et parfois quelques trucs en plus. Il y a des pistes vraiment excellentes dans le lot !

Notez que si tout est disponible sur Bandcamp, les téléchargements gratuits leurs coûtent quelques centimes à chaque fois — les fichiers non compressés sont aussi disponibles sur leur blog via WeTransfer, c'est moins pratique vu qu'il faut convertir et tagger à chaque fois mais c'est plus sympa.

samedi 25 juillet 2020

♪ 95 : En quête de la rivière de soupe démoniaque

J'aime beaucoup “Gazelles Dance” de Coultrain, sur son album Jungle Mumbo Jumbo — un tube de soul music expérimentale où les différents instruments semblent jouer au loup les uns avec les autres, jouer contre puis avec le chant, tout en restant très accrocheur. Le reste de l'album n'est malheureusement pas du même niveau — beaucoup d'acrobaties et de fioritures mais peu de chansons mémorables.

Du coup j'ai été ravie de découvrir I Don't Care Today (Angels & Demons in Lo​-​Fi) de MonoNeon, tout aussi excentrique mais nettement plus prenant, direct et improvisé ! Ça fait partie de l'ethos de l'artiste, comme il le décrit dans son manifeste : soul, blues et funk au cœur, expérimental à la surface, couleurs vives, juxtapositions bizarres, bricolages, vivre la musique plutôt que d'essayer d'être un grand musicien, ne pas avoir peur des imperfections. Du coup oui, c'est un peu de bric et de broc, ça part dans tous les sens, mais ça a un sacré charme et j'aime beaucoup !

En plus ce type porte les meilleures chaussures.


+


J'ai eu du mal à trouver un mot pour décrire l'impression que me fait 『鮎川のしづく』, un des derniers disques sortis par 青葉市子 (Ichiko Aoba). Et puis j'ai trouvé ça sur Wikipédia : « Shibui (渋い) (adjectif), ou shibumi (渋み) (substantif) se réfèrent en japonais à la sensation subjective produite par la beauté simple, subtile, et discrète. »

(『鮎川のしづく』 est un disque atypique dans la discographie de l'artiste, nettement plus connue pour ses albums de folk. Ici, c'est un album de phonographies surtout, mais personnelles, où l'on retrouve aussi quelques chansons enregistrées en extérieur avec les bruits environnants, une ou deux performances minimalistes, quelques poèmes récités, des glaçons qui cliquettent dans un verre de ginger ale. Chacune dessine un détail, un paysage, un moment. J'aime beaucoup les albums de fragments comme cela, ça révèle beaucoup sur la personne qui les fait, ce qui l'entoure.

À vrai dire, avant cet album, je n'avais jamais écouté d'album entier d'Ichiko Aoba. J'avais 『0』 et même 『0%』 sur mon disque dur depuis des années, mais bon, un album entier de chant et guitare acoustique en douceur, ça ne m'avait jamais trop motivée. Et puis comme l'heure et quart de 『鮎川のしづく』 ne me suffisait pas, j'avais envie de rester dans cet univers, j'ai écouté 『0』 à la suite. C'est un très bon album aussi. Surtout 「機械仕掛乃宇宙」, la piste de douze minutes plus expérimentale avec un leitmotiv.)


+


Je me suis remise à écouter Bola aussi, ça faisait longtemps et c'est encore meilleur que dans mes souvenirs. Un projet entre IDM (en plus calme) et ambient techno (en plus rythmé), très travaillé, avec une ambiance plutôt spatiale-aquatique sur le premier album Soup, cinématographique sur Fyuti.

Ça, ce sont les deux que je connaissais déjà — depuis j'ai écouté Gnayse, un peu plus sombre et minimaliste, et Shapes, plus techno et dansant (c'est plus une collection de pistes qu'un album classique — chacune désignée par une forme géométrique en guise de titre). Tous ces disques sont bons, l'artiste sait y faire ! Ils sont aussi assez similaires. (J'ai un petit faible pour Soup.)


+


Musiques électroniques urbaines et nocturnes : le trip hop dans les années 90, le dubstep dans les années 00… et récemment le deconstructed club. Influences industrielles, pas mal de basses, beaucoup de tension, souvent des sons de bris de glace ou d'armes à feu.

Je découvre encore, mais j'aime déjà beaucoup le son du label chinois Genome 6.66 Mbp ; leur première compile surtout, Vol. 1 avec dix-huit artistes, une palette de noirs rutilants, de noirs de suie et de flashes aveuglants, quelques influences inattendues et une beauté qui transparaît à travers le chaos. Une nouvelle incarnation d'un futurisme à la fois excitant et glaçant, comme a pu l'être le cyberpunk — ou simplement un présent avec davantage de style et d'allure.

Carrément bon aussi : l'EP Slip B de Slikback & Hyph11e, qui accentue encore les influences industrielles, l'agressivité, la vitesse et les textures au point que le disque se ressent plus vite qu'il ne s'entend.


+


Mais le genre n'est pas seulement sombre : le mix d'Aïsha Devi pour FACT en est le pendant lumineux, un tour du monde ésotérique de musiques toutes métamorphosées, du taiko à des chants en plein de langues que je n'identifie pas toujours, d'une sorte de rap robotique japonais à des instrumentaux paisibles et mystérieux jusqu'à du jazz ECM. Avec une impression de calme paradoxale : le chaos, la densité, la brutalité caractéristiques du genre sont réduites au minimum pour laisser l'accent sur les atmosphères et les mélodies.



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Ou encore : Vision Quest de Maria & The Mirrors. Comme un trou de ver qui relierait la dance pop genre eurobeat et le power electronics, de la pop prise par une rage primitive complètement incontrôlable où l'on ne distinguerait plus que les grands traits dans un tourbillon de bruit. Par certains côtés ça me fait aussi un peu penser à un double maléfique de M.I.A..

(M.I.A. qui était bien en avance sur son temps d'ailleurs, elle avait quasiment sorti du deconstructed club avant la naissance du genre ! Et je n'ai commencé à l'écouter vraiment que tout récemment.)



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Et puis j'ai pas mal écouté Doppler.Shift de Yann Novak, un petit album agréable pour qui aime l'ambient et les drones : deux pistes assez courtes (vingt minutes chacune) réalisées à l'origine pour une installation et dans lesquelles on se perd agréablement. Ce n'était même pas censé sortir à l'origine, l'artiste a sorti ça à cause du covid-19, mais je ne dis pas non !