▷ Yugen Blakrok – Anima Mysterium @ Bandcamp
mercredi 27 mars 2019
mardi 26 mars 2019
♪ 79
Je ne vais pas prétendre que je comprends Paraffin d'Armand Hammer. C'est une culture que je connais toujours très peu, je ne capte aucune référence et même avec les paroles sous les yeux, les trois quarts me passent au-dessus de la tête. Mais j'adore ces instrus décalés et super inspirés qui combinent quasi-industriel, rythmes dansants, saxophone et larsens, juste la bonne dose de bruitisme ; j'adhère aussi carrément à la voix et au flow du MC, dru sans être agressif. Avec ma vision super partielle et biaisée du truc j'y ressens une amertume et une énergie assez folles ; ça me fait le même effet que quand j'ai découvert Absence de dälek, ce qui n'est pas peu dire. 43 minutes dix, pas un skit, pas une faute, plein de frissons et de virages inattendus. Respect.
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Ça me paraît ridicule d'essayer d'écrire un paragraphe potable sur ぶっ生き返す de Maximum the Hormone avec mon manque total de spontanéité. Un type sur RYM a titré sa critique “SO MUCH FUN!!!” et j'ai envie de m'en tenir là, ça vous va ?… Sinon : c'est du metal festif, un peu barré dans ses influences mais franchement direct dans ses accroches, quasi-pop, connu parce que l'anime Death Note a utilisé une chanson pour son générique. Perso j'ai découvert via le clip de “Bikini Sports Ponchin”, sur un site qui s'appelait WTF Japan Seriously? et qui maintenant s'appelle Flipside Japan. (Le clip même a été supprimé partout, allez savoir pourquoi.) Le titre “チューチュー ラブリー ムニムニ ムラムラ プリンプリン ボロン ヌルル レロレロ” consiste uniquement en onomatopées sexuelles (allez traduire ça !). Le groupe a aussi sorti une chanson qui s'appelle “霊霊霊霊霊霊霊霊魔魔魔魔魔魔魔魔”, une qui s'appelle “ざわ・・・ざわ・・・ざ・・ざわ・・・・・・ざわ”, un album dont le titre signifie « disque de merde », et il paraît que lors des concerts du groupe, les gens mettent des casques pour pogoter. Et non, je ne sais pas du tout qui c'est sur la pochette. (C'est bon, j'ai rempli mon paragraphe.)
Leur album suivant, 予襲復讐, est nettement moins direct et plus complexe. Bien aussi, mais ce ne sont pas du tout les raisons pour lesquelles j'ai accroché à ぶっ生き返す du coup je l'écoute moins !
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cxvi d'Akira Rabelais est un superbe album d'ambient à l'atmosphère mystérieuse. Un disque admirable aussi pour sa parcimonie, avec des sons aussi épars que sur une composition de Morton Feldman (d'ailleurs la fin de la première piste y ressemble sacrément, à du Feldman), différents selon les passages mais toujours avec la même légèreté dissimulatrice. Une musique qui tisse sa toile, semble vouloir engourdir qui l'écoute, comme une agréable et séduisante hypnose.Le texte chuchoté sur la seconde piste provient de La femme 100 têtes de Max Ernst. Je sais que j'avais déjà vu ou entendu la phrase « Se nourrissant souvent de rêves liquides et tout à fait semblables à des feuilles endormies, voici mes sept soeurs ensemble » avant, mais je n'arrive pas à me rappeler où…
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Muslimgauze est connu pour avoir sorti… plus de cent disques de tribal ambient semi-électronique arabisant pro-palestiniens, avant de mourir à 37 ans. Passionné par ce qu'il faisait, Bryn Jones semble n'avoir passé son temps qu'à ça ; son nom est devenu une référence, même s'il n'aura connu qu'un succès d'estime. En fait c'est assez fou qu'avec un concept aussi simpliste, basé sur des samples et sans considération pour les caractéristiques des musiques dont il s'inspirait (ce que déplore notamment Simon Crab sur cet article de The Quietus), ces disques soient aussi marquants — on y ressent l'énergie, le danger, la rage parfois, et surtout la beauté singulière de paysages sonores semi-imaginaires qui ne se situent ni en Angleterre ni en Palestine et en révèlent bien plus sur son créateur que sur son sujet. Les disques les plus ambient du projet (Al-Zulfiquar Shaheed ou Zul'm) vont très bien avec un bon bouquin de SF genre Dune.Pour s'y retrouver dans sa discographie, je vous conseille par exemple le Muslimgauze Primer de blaerg. Perso j'ai et je recommande : Al-Zulfiquar Shaheed, Zul'm, Citadel, Mullah Said…
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… et Azzazin, qui n'a quasiment rien à voir (et divise les fans, il paraît que c'est son plus atypique). Un album qui se base intégralement sur un type de son, des oscillations électriques constantes ; au casque, on a l'impression de porter une bobine Tesla autour du crâne. C'est à la fois oppressant et psychédélique. Quelques samples (une sonnerie lointaine, une respiration inquiète, des machines, parfois une lame qui tranche) donnent l'impression que ces phénomènes font partie du monde réel et ne font qu'augmenter la tension déjà impressionnante. Rien d'orientalisant là-dedans ou presque, c'est une seule idée approfondie de treize manières différentes avec des effets différents à chaque fois. Ça peut lasser si on n'est pas dedans, pour ma part j'accroche tout le long.
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Je crois que je vais finir par choper le catalogue entier de chez Whities, et le recommander par la même occasion. C'est un label spécialisé dans les musiques électroniques à l'intersection du laboratoire, de la piste de danse et du jacuzzi ; 4/5 pour ce petit EP d'Overmono, qui détend son IDM / drum and bass sur un fond ambient — trois pistes, chacune plus douce que la précédente.(Si vous voulez savoir, le texte en petit sur la pochette vient de cet article Wikipedia sur le pont Monnow, au Pays de Galles.)
vendredi 22 mars 2019
mercredi 27 février 2019
♪ 78 : Îles tropicales enneigées rivales
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| Alex Kassian Hidden Tropics (Utopia Records, 2018) |
C'est le seul EP de l'artiste pour le moment, mais si ça vous plaît, jetez aussi une oreille aux autres disques du label (Utopia Records) !
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| Patti Austin Every Home Should Have One (Qwest, 1981) |
* Autre exemple que j'adore : “Don't Make Me Wait” de Bomb the Bass (encore mieux avec le clip). Sur l'album Into the Dragon, qui ressemble plus à un maxi single pour “Megablast (Hip Hop on Precinct 13)” qu'à un vrai album, mais il vaut le coup pour ces deux pistes-là plus une ou deux !
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| Burial Rival Dealer (Hyperdub, 2013) |
Je lui préfère nettement Rival Dealer. On sent que c'est le même artiste, mais tout sur cet EP est heurté, fragmenté, les beats comme échos pour s'y retrouver dans le chaos urbain, des présences humaines que l'on perd et que l'on retrouve, une véritable histoire se laisse deviner. Un message, aussi, inattendu et qui fait du bien ! C'est un disque sensible, marquant. Inégal aussi, parce que si Burial est carrément doué pour jouer dans les tons bitume, nuit noire et néon, ses teintes gaies et colorées sont trop appuyées, limite laides. Ce qui aurait coulé un disque moins bon, mais ici, et avec de tels contrastes, ça fonctionne quand même.
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| Sachiko M + Ryuichi Sakamoto Snow, Silence, Partially Sunny (Commmons, 2012) |
Alors oui, il faut aimer les dissonances et le bruit pour apprécier ce disque, le passage le plus accessible étant quand même des « iiiiiiiii » stridents électroniques superposés à des mélodies lentes au piano. D'ailleurs attention aux bourdonnements si vous écoutez au casque. Mais si on aime, c'est vraiment très beau !
Si vous n'aimez pas le bruit, écoutez plutôt async de Ryuichi Sakamoto en solo si vous ne l'avez pas fait, il n'y a pas de « iiiiiiii » stridents là-dedans et c'est super aussi.
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| Michael Prime Borneo (Mycophile, 2007) |
vendredi 15 février 2019
Divinités / religions
Ça m'étonne toujours un peu de me rendre compte que la majorité des êtres humains, malgré des cultures très différentes, sont croyants. Pourquoi cette idée, pourtant complexe et loin d'être évidente, est-elle si répandue ? Avons-nous un manque « naturel » que comble la croyance ? Même si l'athéisme a pu être plus répandu dans le passé qu'on ne pourrait le croire, reste que le pourcentage des croyants dans le monde est… autour de 90 % grosso modo.
Il y a des hypothèses intéressantes qui expliqueraient la présence de la religion au sein de l'évolution de l'espèce humaine ; par exemple, supposer un agent (plutôt que le hasard) derrière chaque événement serait un trait avantageux pour la survie. Pascal Boyer, quant à lui, explique que la religion émerge de manière tout à fait naturelle si l'on considère les manières dont les humains pensent en général… et souligne le fait que la religion n'est pas n'importe quoi, ni un simple « sommeil de la raison ». (Je résume ça très grossièrement.) Je ne sais pas si ces hypothèses sont étayées ou s'il ne s'agit que de pistes.Mais qu'est-ce que ça veut dire au juste, croire en Dieu ?
Le concept me paraît loin d'être évident. Notre univers est-il éternel et en changement perpétuel, a-t-il une origine précise, ou y a-t-il d'autres possibilités ? (Les deux premières me paraissent improbables, je n'ai aucune idée de ce à quoi une troisième pourrait ressembler.) Imaginer qu'une entité — au sens le plus large possible — ait pu créer notre univers ne me paraît pas déraisonnable en tout cas. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est probable, je n'en sais rien. Mais ça se laisse envisager.
De là à considérer que cette entité soit (a) vivante, (b) consciente, (c) omnisciente, (d) omnipotente, (e) bonne si ce n'est infiniment bonne, (f) à l'image de l'être humain, (g) masculine, (h) à notre écoute, (i) qui contrôle nos êtres qui (j) sont en réalité des « âmes » immatérielles et (k) éternelles et (l) qu'il faut prier pour Lui même si personne ne L'a jamais vu à part des mystiques dont les témoignages paraissent impossibles et … (m n o p etc.) bref, tout ça, ça me paraît tellement injustifié et improbable que ça tient de la folie. (Rien que les trois premiers points sont incompatibles entre eux ou avec la réalité telle qu'on la connaît, quoi qu'en dise Leibniz. Des philosophes croyants ont bien essayé de réconcilier cela avec des « théodicées » mais je n'en ai vu aucune qui me convainque.)
En fait, il me paraît faussé de parler de « croire en Dieu » ou pas. Le pari de Pascal par exemple ne tient pas la route, c'est un faux dilemme — on pourrait tout aussi bien imaginer une entité qui punirait toute personne croyante. Ou une infinité d'autres possibilités.
J'aime bien la conception de Spinoza, qui considère (en très gros, je résume au bulldozer encore une fois) que Dieu serait la nature même. C'est la seule conception de Dieu que j'ai lue qui me paraît sensée. Et c'est peut-être aussi la seule hypothèse d'un monde avec des divinités qui ne soit pas glaçante ! Pour moi, c'est absolument horrible de penser qu'on puisse être sous la coupe d'une entité éternelle qui peut faire ce qu'elle veut de nous, je n'y vois aucun réconfort. Et je me demande d'ailleurs combien de personnes croyantes n'ont pas, au fond d'elles-mêmes, peur de Dieu. Le mot “God-fearing” est utilisé en anglais en tout cas, pour désigner quelqu'un de très croyant. Peut-être y a-t-il aujourd'hui de la peur et de l'amour mêlés, en plus d'autres choses ? Je m'y connais trop peu pour dire.
Sinon, les histoires de mythologies, en général c'est trop dérangeant pour moi. Mais à choisir, je préfère un peu le polythéisme au monothéisme, et je ne vois pas en quoi l'un serait plus probable que l'autre.
D'après une citation de Stuart Chase : « Pour qui a la foi, aucune preuve n'est nécessaire ; pour qui ne l'a pas, aucune preuve n'est possible. »
lundi 11 février 2019
Itayaxa (1)
Itayaxa est la grande déesse aléatoire et la grande déesse de l'aléatoire, ou peut-être n'est-elle que l'une d'entre elles. Peut-être est-elle plus. Difficile à dire parfois. Si vous croyez en elle, vous aurez une chance aléatoire que quelque chose d'aléatoire vous arrive, et ce ne sera probablement pas de sa faute.
Itayaxa n'existe sans doute pas en ce monde, mais c'est vrai aussi d'autres divinités et ça n'a jamais empêché de croire en elles. Ça ne l'empêche pas de croire en elle-même aussi, quand elle en a envie.
Il n'est pas interdit de représenter Itayaxa (elle n'est pas difficile), mais elle change tout le temps. Toutes les représentations d'elle ont une chance aléatoire d'être justes.
La plupart des montres en état de fonctionnement retardent ou avancent, ou les deux en même temps selon votre point de référence. Une montre arrêtée dit l'heure exacte deux fois par jour, sauf si c'est une montre arrêtée inhabituelle, comme une montre sans aiguilles qui dans ce cas ne l'indique qu'à la fin du temps. Itayaxa porte une montre aléatoire, qui indique une heure aléatoire.
Ce blog était censé être dédié à Itayaxa, je ne sais pas s'il l'est toujours en théorie, je l'ai perdue de vue avant d'avoir écrit le premier article. Elle revient de temps en temps cela dit. Le tout est de la reconnaître.
samedi 9 février 2019
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