vendredi 25 janvier 2013
samedi 12 janvier 2013
J’ai essayé de faire mieux que Paul Emsley
, donc voici mon portrait officiel de Kate Middleton.
Si vous avez cinq minutes, essayez d’en faire un aussi !
vendredi 4 janvier 2013
Beck
Beck, de son vrai nom Beck Hansen sauf qu’en fait c’est pas son vrai nom mais on s’en fout, à ne pas confondre en tout cas avec Jeff Beck ni avec Glenn Beck, est un musicien cool qui enregistre des chansons rock/folk/hip hop excentriques. Il est blond et il ressemble un peu à Thurston Moore, mais attention, ce n’est pas Thurston Moore. Quoi qu’il en soit, je vais vous parler de ses disques. (À Beck. Pas à Thurston Moore.)
Mellow Gold (1994)… n’est pas le premier album de Beck, mais la plupart des gens ainsi que le site officiel le considèrent comme tel, donc on va faire comme si. C’est avec ce disque, et surtout avec le single “Loser”, que le monde découvre le style nonchalant, foutraque et désabusé de cet artiste qui a vécu dans un taudis et enchaîné les petits boulots nazes, genre souffleur de feuilles — et qui s’inspire de ce mode de vie pour écrire ses chansons, entre autodérision, critique sociale et humour absurde. Mellow Gold, c’est le rock D.I.Y. sans thunes mais avec des idées et un harmonica, des inspirations folk et hip hop, ainsi qu’une tendance apparemment complètement naturelle pour l’expérimentation. Des boucles passées à l’envers et des samples des Bisounours (authentique !), des bidouillages et du lo-fi en pagaille, des paroles qui ne font pas forcément beaucoup de sens (ne me demandez pas pourquoi, j’ai toujours trouvé que “I’ve got a drug and I’ve got the bug and I’ve got something better than love” était une ligne géniale), et surtout des chansons très réussies. Mellow Gold est l’un des meilleurs albums de Beck, et si vous voulez découvrir l’artiste, je vous conseille de commencer par là. Ou bien par Odelay, c’est vous qui voyez. Par contre c’est vrai que la pochette est affreuse. Du coup je dirais bien que c’est “un album à acheter les yeux fermés”, mais j’ai déjà fait cette blague qui en plus n’est pas très drôle. {8.5/10}
Stereopathetic Soulmanure (1994), sorti en réalité quelques semaines avant Mellow Gold, est un bordel pas possible : plus de vingt pistes, un mélange de vraies chansons, de brouillons, d’enregistrements bruts sortis d’on ne sait où (genre un clochard qui chante, ou des extraits aléatoires d’un journal), une chanson live qui parle d’un porte-clefs Ozzy Osbourne, une histoire qui parle de Satan et de tacos, un machin à l’accordéon intitulé “Jägermeister Pie”, une chanson complètement dissonante et désaccordée chantée par un homme coupé en deux, des enchaînements sans aucune logique apparente, une tracklist approximative qui ne correspond pas au nombre de pistes sur le CD — bref, on a l’impression d’écouter un montage semi-aléatoire de fonds de tiroir. Ou bien un suicide commercial. Il y a quelques très bonnes chansons là-dessus, genre “Thunder Peel” que j’adore, “Crystal Clear (Beer)”, ou l’ouverture noisy hurlante “Pink Noise (Rock Me Amadeus)”. “Rowboat” fut reprise par Johnny Cash sur l’un de ses albums. Mais Stereopathetic Soulmanure dans son ensemble est tellement brouillon, dense et bordélique que l’écoute en est franchement fatigante, à vrai dire je ne crois pas l’avoir écouté en entier plus d’une fois ou trois. À réserver aux fans, même si son côté chaotique a un certain charme. {5/10}
One Foot in the Grave (1994) est un album de folk acoustique. Il est peut-être très bien, mais comme je trouve que le folk acoustique est un genre intrinsèquement soporifique et ennuyeux, je ne l’ai que très peu écouté et je ne peux pas dire grand-chose à son sujet (j’aime “Atmospheric Conditions” et “Fourteen Rivers Fourteen Floods”, le reste bof ou alors je ne me souviens plus). L’édition originale du disque est assez courte et contient seize pistes, la réédition de 2009 en rajoute seize de plus.
Exit les guitares acoustiques et les chansons qui ressemblent à des démos enregistrées pour un budget de deux centimes : sur Odelay (1996), Beck sort le grand jeu ! Des mariages stylistiques qui claquent, des rythmes dansants, les Dust Brothers à la production (je ne les connais pas mais peu importe, ça fait bien de les citer il paraît), un son plus hip hop, des chansons carrément accrocheuses qui bougent dans tous les sens… C’est l’album le plus accompli de Beck, le plus enjoué, celui qui a le plus de succès, généralement considéré comme son chef-d’œuvre. Ce disque ne sent peut-être pas autant le vécu que Mellow Gold, mais qu’importe. Aujourd’hui je l’écoute moins que les autres, mais c’est parce que je l’ai trop écouté à l’époque…
Étonnamment, la meilleure chanson sur Odelay (du moins ma préférée) n’est présente qu’en tant que piste bonus sur certaines éditions et est totalement absente de l’édition “deluxe” anniversaire 2 CD (que je n’ai pas achetée principalement à cause de ça). Elle s’appelle “Diskobox” et est carrément orientée hip hop/funk. {9/10}
Sur Mutations (1998), Beck revient à un style plus mélancolique et axé folk rock. Rien à voir avec Odelay, mais on est aussi loin du style acoustique épuré de One Foot in the Grave : le son de Mutations est nettement plus “propre” et travaillé, les pistes ont un côté indolent mais restent assez variées. C’est celui que je préfère parmi les disques “mélancoliques” de Beck, même si les enchaînements de chansons molles finissent quand même par me lasser un peu et que mes pistes préférées sont les plus atypiques, celles qui bougent le plus — à savoir “Tropicalia” et surtout “Diamond Bollocks” (cette dernière étant la seule vraie piste rock du disque). {7.5/10}
Sur Midnite Vultures (1999), Beck se met au funk rock. En voilà une bonne idée ! C’est album très fun, qui démarre par le tube “Sexx Laws” (la chanson est géniale, le clip aussi) et continue dans une veine un peu plus improbable, parfois peu crédible mais le plus souvent réjouissante. Beck peut-il tout se permettre ? En tout cas, il ne se prive pas d’essayer ! Sur l’excellent final “Debra”, il se la joue même Prince, séducteur avec sa voix de fausset. Midnite Vultures ne fait pas partie des albums préférés des fans, mais je l’aime beaucoup. Les seuls moments où il pêche vraiment à mes oreilles, ce sont ceux où il ne fait pas danser. {7.5/10}
P.S. La pochette moche est signée Yamatsuka Eye, des Boredoms. Hé ouais.
Un album mélancolique, un album festif, un album mélancolique, un album festif… Beck continue sa carrière en zig-zag avec Sea Change (2002), l’album le plus calme et le plus introspectif qu’il a jamais enregistré. C’est l’un des albums les plus populaires de l’artiste, mais il ne faut pas s’y tromper : Sea Change un disque à écouter en cas de grosse dépression amoureuse (c’est d’ailleurs dans ces conditions qu’il a été enregistré), à éviter si on veut du rock. L’artiste laisse parler son cœur plutôt que de jouer avec les styles et les mots, la production est signée Nigel Godrich (connu pour son travail avec Radiohead, et qui s’était déjà occupé de Mutations). De belles chansons sur ce disque, surtout si on est dans l’humeur, mais franchement je trouve que toutes finissent par se ressembler un peu et que ce son larmoyant a quelque chose de lassant, voire de lourd à la longue. Je retiens surtout l’excellente “Paper Tiger” (aux arrangements inspirés de Gainsbourg et Vannier, de loin la piste la plus réussie du disque), même si “Lost Cause” et “Lonesome Tears” sont aussi très réussies dans leur genre. {6/10}
Sur Guero (2005), Beck tente de revenir au son qu’il avait sur Odelay… et n’y arrive pas vraiment. C’est le début d’une période moins inspirée pour Beck : un style qui commence à tourner en rond, des chansons parfois bonnes, parfois oubliables, qui sonnent toutes “comme du Beck” sans qu’il y ait beaucoup plus à dire à leur sujet. “E-Pro” est certes carrément entraînante (il y a toujours au moins une piste excellente sur chaque album de Beck), mais Guero est dans l’ensemble un album assez décevant, que je n’écoute plus aujourd’hui. {5.5/10 (mais tout à fait subjectivement, je crois que je lui préfère Stereopathetic Soulmanure)}
Le niveau remonte un peu sur The Information (2006), mais c’est grosso modo le même topo : un album où Beck fait du Beck, et où on se dit que ses meilleurs jours sont derrière lui. “Cellphone’s Dead” est cool, bon, OK. La piste qui se détache du lot, c’est “The Horrible Fanfare/Landslide/Exoskeleton”, suite de dix minutes en trois parties, plus sombre et nettement plus originale et inspirée que le reste. (La pochette est très cool : il s’agit d’un papier quadrillé vierge avec une feuille — tirée au hasard parmi quatre disponibles — d’autocollants à coller dessus !). {6/10}
Après ces deux déceptions, j’avais presque envie de laisser tomber Beck. Ce ne fut que plusieurs années après sa sortie que je donnai une chance à Modern Guilt (2008)… qui, contre toute attente, me séduisit carrément. La différence avec les albums précédents n’est pas évidente de premier abord, et pourtant… les compositions n’ont plus ce goût de réchauffé, elles ont une vraie âme, Beck maîtrise de nouveau son style plutôt que de se laisser simplement guider par lui. Modern Guilt, c’est le disque d’un artiste qui a traîné sa bosse, qui ne tente plus de paraître cool (et qui du coup le redevient !), mais qui reprend l’écriture au sérieux. Ça n’est ni un disque mélancolique ni un disque rythmé, c’est les deux à la fois. C’est le disque le plus court de Beck (à peine plus d’une demi-heure). C’est aussi, pour moi, le meilleur qu’il ait sorti depuis Odelay. Et un tel redressement à ce point d’une carrière qui paraissait sombrer dans l’oubliable, ça fait sacrément plaisir. {8.5/10}
Six ans après cette bonne surprise (ça file quand même !), Beck nous sort Morning Phase (2014), disque-frère de Sea Change. La ressemblance saute aux oreilles : même type d’arrangements très travaillés, même type de chansons qui semblent couler toutes seules et baignent l’auditeur dans une ambiance douce…
La différence, c’est que Morning Phase est un disque serein et plutôt optimiste, soit tout le contraire du chagrin d’amour profond et interminable de Sea Change. Morning Phase est un disque sans surprise mais agréable, même si on pourra lui reprocher sa production aussi chargée qu’un gâteau de mariage intérieur Louis XV (à peu près autant d’effets que sur la pochette). Il contient surtout une piste qui sort vraiment du lot : la superbe “Wave”. Le reste est correct sans être indispensable. {6/10}
Sinon, Beck a aussi sorti de chouettes faces B et pistes hors album, ça vaut le coup d’en chercher quelques-unes (du moins celles qui datent des années 90). Les deux premiers albums de Beck s’appellent Golden Feelings et A Western Harvest Field by Moonlight ; ils sont tous deux épuisés ou disponibles uniquement en bootleg (je ne les ai pas écoutés, mais quelques pistes sont réapparues plus tard (réenregistrées ?)). Enfin, Beck a collaboré avec Charlotte Gainsbourg, je ne sais pas si vous aimez Charlotte Gainsbourg, moi je préfère Serge mais bon voilà. J’espère que je vous ai donné envie d’écouter un peu, parce que même si je critique, ça reste l’un de mes musiciens préférés ; en attendant je vous poste quelques clips :
Une de mes pistes préférées de Mellow Gold, et aussi l'une de mes pistes préférées de Beck tout court. (Y’a Buzzo des Melvins dans le clip !)
La première piste de Midnite Vultures. Funky, baby.
(Y’a Jack Black dans le clip !)
Beck en mode hip hop cool, sur Odelay, avec deux platines et un micro.
L'un de mes nombreux coups de cœur sur Modern Guilt, la classe en noir et blanc.
Une chouette piste qui n'est pas disponible sur album, avec un clip signé Michel Gondry.
“Signé Michel Gondry”, en général, ça veut dire “très sympathique”. En l’occurence aussi.
“Signé Michel Gondry”, en général, ça veut dire “très sympathique”. En l’occurence aussi.
mercredi 2 janvier 2013
Les disques que j’ai le plus écoutés en 2012 :

· The Necks, c’est un groupe incroyablement cool de jazz/ambient expérimental. Pour être honnête, Drive By n’est pas leur meilleur album : il y a des parties que j’adore (cette mélodie au piano qui revient, toute simple mais parfaite !) et d’autres qui m’ennuient (les parties dissonantes qui gâchent un peu le voyage). Mais c’est le premier que j’ai découvert de leur discographie, et c’est lui qui m’a donné envie d’écouter tous les autres. Si vous aimez l’ambient, les sonorités jazz et les longues pistes, franchement, il faut que vous écoutiez The Necks. Vous vous demanderez comment vous avez pu vous en passer.
· Aquatic, c’est le meilleur album des Necks et l’un de mes albums préférés tout court. Superbe. J’avais écrit une critique dessus en anglais sur mon ancien blog, mais j’ai du mal à décrire ce genre de musique…
· Sorcery/Geography de Witxes, c’est un album de dark ambient dans lequel on se perd sans s’égarer entièrement ; on y trouve du saxophone, de la guitare, du chant, plein de jeux de textures, des influences comme Tim Hecker, Bohren & der Club of Gore ou Rafael Anton Irisarri… et de grands éclats lumineux, parce que Sorcery/Geography n’est pas glauque ni lugubre. C’est un très joli jeu de labyrinthes, de miroirs et de clairs-obscurs.
· Voices from the Lake (éponyme (je sais qu’il faut dire “homonyme” en français mais je dis “éponyme” quand même)), c’est un superbe disque d’ambient techno qui évolue très lentement mais pile à la vitesse qu’il faut, et passe des abysses minimalistes à une surface illuminée en une demi-heure, avant de redescendre vers les profondeurs crépusculaires. Le tout sans aucune faute. Meilleur album sorti en 2012 selon moi (et oui, j’ai aussi écouté The Seer et Bish Bosch).
· Ottoman Black de Jason Crumer, c’est l’un des meilleurs albums de noise que j’ai écoutés pour le moment. Un disque à histoire (ou à thèse ?) insondable, racontée par sensations, par sentiments, sans un seul mot — un disque coup-de-poing qui n’est d’ailleurs pas assourdissant tout le long mais contient pas mal de passages ambient entre autres. J’avais commencé à écrire une longue critique dessus et j’ai arrêté pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la musique… j’en reparlerai, l’affaire est trop longue pour résumer ça en un paragraphe.
· Climate of Hunter est mon album préféré de Scott Walker. Un excellent disque de rock, sombre et électrique, quelque part entre son côté baroque pop des années 60 et les disques glauques expérimentaux qu’il sort depuis Tilt.
· Isolation de Pulusha, c’est un petit bijou d’ambient qui dure vingt minutes à peine ; une collaboration entre Mark Pritchard (de Global Communication, le groupe d’ambient qui a sorti le grand classique 76:14) et Kirsty Hawkshaw (la chanteuse d’Opus III, un groupe de trance que j’aime beaucoup aussi).
· Лёгкое дело холод (le seul album de Стук бамбука в XI часов, écrivez “Stuk Bambuka v XI Chasov” si vous avez du mal avec le cyrillique), c’est le trip-hop le plus glacial, le plus désolé, et l’un des plus expérimentaux qui existent. Il n’est plus disponible nulle part ; en attendant une réédition hypothétique, vous pouvez aller le télécharger ici.
· Kithless de Pedestrian Deposit, c’est un disque de musique électro-acoustique (à la limite du noise parfois) qui évoque l’effort, la douleur, la misère et plein de sensations corporelles. Une tragédie bruitistico-musicale.
mardi 18 décembre 2012
test de jeu vidéo n° 30 : Tokyo Jungle
Tokyo Jungle est un jeu de survie sorti sur PlayStation 3 et PlayStation Vita.
C’est un jeu japonais avec du sexe bestial et de l’ultraviolence sanglante.
C’est également un jeu très moyen et bourré de défauts. Mais ce jeu très moyen et bourré de défauts réussit tout de même à être fun, prenant, drôle, original et à avoir un certain charme ; c’est donc un très bon jeu très moyen.
Tokyo Jungle se passe dans un futur relativement proche où l’humanité a mystérieusement disparu ; la ville de Tokyo est envahie par les herbes folles, des nuages toxiques violets et des animaux de tout poil. Vous incarnez un animal et devez perpétuer votre lignée le plus longtemps possible. Pour cela, il vous faut faire tout ce que fait un animal sauvage dans la vraie vie, à savoir :
Le gameplay est à peu près le même pour tous les herbivores et pour tous les carnivores ; ce qui change surtout, ce sont les caractéristiques de chaque animal (rapidité, endurance, force, résistance à la faim, etc), la honte d’incarner une poule débile ou la fierté d’incarner un LOULOU DE POMÉRANIE.
(Le seul autre jeu que je connais où il y a un loulou de Poméranie, c’est Ghost Trick. Je n’ai pas joué à Ghost Trick mais il paraît qu’il est très bien.)
En plus de subvenir à vos besoins vitaux, vous avez une liste de “défis” à relever dans un temps donné (du genre : marquer votre territoire 4 fois, atteindre une certaine zone de Tokyo, manger 2 champignons, tuer X animaux, etc.) ; ceux-ci ne sont pas obligatoires, mais permettent d’améliorer les capacités de l’animal, de débloquer des objets, et surtout de débloquer de nouveaux animaux à incarner lors des parties suivantes.
Le jeu est en grande partie généré aléatoirement, ce qui est à la fois un atout et un défaut : on ne sait jamais sur quels ennemis on va tomber, les défis peuvent être faciles ou très corsés, et même l’environnement peut être incroyablement hostile. Certaines parties sont plutôt calmes au début, mais on finit tôt ou tard par se retrouver dans une situation du genre oh putain putain putain y’a trois alligators et une meute de lions qui me poursuivent et je suis en pleine zone toxique oh putain je vais mouriiirr§^§ù§`ù$bvr, à courir sans réfléchir et à utiliser tous les items possibles pour survivre. S’en sortir dans ces moments-là est vraiment satisfaisant ; par contre, crever au bout de deux minutes de jeu ou parce qu’il n’y a plus aucun moyen de se sauver nulle part, ça arrive aussi et c’est nettement moins agréable.
Le combat dans Tokyo Jungle est très basique et se joue surtout sur les mouvements ; on peut donner des coups normaux (d’un seul type, aucune subtilité de ce côté-là), bondir pour esquiver (avec le stick droit), envoyer des animaux de sa meute attaquer l’ennemi ou faire appât, mais le but principal est de trouver une ouverture pour donner une attaque fatale (qui tue un animal en un coup, à moins que celui-ci soit vraiment beaucoup plus grand et plus fort que vous). La plupart du temps, il vaut mieux se cacher dans les hautes herbes, pour ne pas se faire repérer (et éviter le combat… ou bondir sur la proie qui ne vous avait pas vu).
Enfin, si vous incarnez un poussin, vous n’avez de toute façon pas le choix : vous avez juste le droit de vous planquer, de picorer des fleurs et de faire piou-piou, dès qu’un chien ou un chat vous repère, COUIC ! vous êtes mort. (Enfin, plutôt “KFC !” que “COUIC !” vu que vous êtes un poussin, hi hi hi que je suis drôle). Le gameplay avec le poussin est très frustrant, je ne vous le cache pas. Je ne l’ai fait que pour débloquer le porc-épic. Je voulais jouer avec le porc-épic.
Il y a aussi un mode histoire dont les chapitres se débloquent en jouant au mode survie et en trouvant des objets particuliers (des archives qui expliquent pourquoi l’humanité a disparu) ; mais Tokyo Jungle est nettement plus orienté “arcade” que “histoire”, et se joue nettement plus comme Pac-Man que comme Dark Souls (comparaison à la noix, certes, mais bon). La longueur d’une partie peut varier énormément, entre trente secondes et… je ne sais pas combien d’heures, je ne sais même pas s’il y a une limite !
Bon, maintenant que vous connaissez grosso modo les mécaniques et les points forts du jeu, il faut quand même évoquer ses points faibles. Il y en a beaucoup et ils sont handicapants.
• La caméra est fixe, et il n’y a pas de vue subjective. Ce qui a pour fâcheuse et ridicule conséquence le fait que votre bestiau peut parfaitement voir un animal à cinquante mètres au fond de l’écran, mais pas un qui se trouve dix mètres de l’autre côté. Il y a certes une mini-carte/radar pour voir s’il y a des animaux qui se situent à proximité, mais ça n’est pas la panacée non plus.
• On peut (trop) vite se retrouver dans une situation quasi-impossible, ou mourir avant d’avoir eu le temps de dire “piou”. Surtout si on joue un putain de poussin. Mais c’est vrai aussi avec les autres espèces.
• Il n’y a qu’un seul terrain de jeu ; on finit par connaître la dizaine de zones par cœur à force. Ça aurait été cool de pouvoir aussi jouer dans d’autres endroits, ne pas avoir que Tokyo Jungle mais aussi, je ne sais pas, London Jungle, Le Caire Jungle, Moscou Jungle, Clichy Jungle ou Jungle Amazonienne Jungle.
• Au niveau graphismes, bruitages et bande son, c’est correct sans plus. Voire moins par moments : la musique du tutoriel est insupportable (celle du jeu même passe, sauf si on est allergique à la techno), la modélisation des animaux laisse à désirer et les cris des animaux sont… euh… difficile d’en juger quand on ne connaît pas le cri du cerf Sika ou de l’antilope cervicapre en fait, mais faudra pas s’étonner d’entendre un animal qui fait “koink !”.
• Après chaque game over, le jeu charge et transmet trente-six machins à internet pendant bien une minute. Ça n’est pas grave quand on a fini un run de deux heures ou plus, mais quand on vient de crever prématurément plusieurs fois de suite, ça pèse.
• Certains animaux (le panda notamment) ne sont disponibles qu’en DLC payant.
• Un certain manque de variété peut se faire sentir à la longue ; ça n’est pas le jeu le plus profond du monde. Personnellement, j’y ai joué pas mal les premières semaines, depuis je le ressors une fois de temps en temps avec plaisir mais je ne ressens pas de besoin particulier de finir le mode histoire par exemple.
Tokyo Jungle est un jeu avec de très bonnes idées mais une réalisation qui laisse à désirer ; dommage qu’il n’y ait pas de démo, sinon je vous encouragerais vivement à l’essayer. Est-ce qu’il vaut treize euros ? Pour ma part, je ne regrette pas de l’avoir acheté : même si je ne pense pas que je passerai 150 heures dessus, je prends bien ma patte avec. Mais si vous êtes plutôt exigeant(e) et que le concept vous intrigue plus qu’il ne vous séduit, mieux vaut y réfléchir à deux fois.
…
Ah oui ; il y a un point important que je n’ai pas évoqué, c’est l’humour du jeu. Il n’y a pas de vraies blagues dans Tokyo Jungle, c’est plus de l’humour situationnel, un certain ridicule humoristique à la japonaise qui fera pouffer certains et laissera d’autres complètement de marbre. Mais je tenais quand même à vous montrer ça — le gameplay de l’employé de bureau, animal bonus ultime en DLC :
C’est un jeu japonais avec du sexe bestial et de l’ultraviolence sanglante.
C’est également un jeu très moyen et bourré de défauts. Mais ce jeu très moyen et bourré de défauts réussit tout de même à être fun, prenant, drôle, original et à avoir un certain charme ; c’est donc un très bon jeu très moyen.
Tokyo Jungle se passe dans un futur relativement proche où l’humanité a mystérieusement disparu ; la ville de Tokyo est envahie par les herbes folles, des nuages toxiques violets et des animaux de tout poil. Vous incarnez un animal et devez perpétuer votre lignée le plus longtemps possible. Pour cela, il vous faut faire tout ce que fait un animal sauvage dans la vraie vie, à savoir :
· vous nourrir (en chassant et en vous repaissant de la chair et du sang chaud de vos proies si vous êtes carnivore, en trouvant des plantes comestibles si vous êtes herbivore)
· vous reproduire (1. marquez votre territoire aux quatre coins d’une zone, 2. trouvez un animal du sexe opposé — plus vous avez mangé, plus vous avez un rang élevé et pouvez aspirer à vous reproduire avec un partenaire au bon patrimoine génétique, 3. trouvez un nid et 4. baisez comme des bêtes)
· éviter vos prédateurs (jouez-la Solid Snake dans les hautes herbes… enfin, plutôt Solid Cochon, Solid Chimpanzé, Solid Antilope Cervicapre etc ok vous avez compris j’arrête ok.)
· éviter la pollution toxique de la mort qui vous tue jusqu’au décès
· occire vos proies ou vos prédateurs si besoin est
· vous habiller n’importe comment et écouter de la techno.
Le gameplay est à peu près le même pour tous les herbivores et pour tous les carnivores ; ce qui change surtout, ce sont les caractéristiques de chaque animal (rapidité, endurance, force, résistance à la faim, etc), la honte d’incarner une poule débile ou la fierté d’incarner un LOULOU DE POMÉRANIE.
(Le seul autre jeu que je connais où il y a un loulou de Poméranie, c’est Ghost Trick. Je n’ai pas joué à Ghost Trick mais il paraît qu’il est très bien.)
— bref ; —
En pratique, le jeu est plutôt simple mais part de très bonnes idées. La faim, les nuages toxiques et les prédateurs guettent toujours, vous ne pouvez pas vous reposer sur vos lauriers et vous devez souvent prendre des risques (encore plus si vous voulez faire du scoring) ; il faut constamment rester en action, et chaque année où l’on survit est une petite victoire.En plus de subvenir à vos besoins vitaux, vous avez une liste de “défis” à relever dans un temps donné (du genre : marquer votre territoire 4 fois, atteindre une certaine zone de Tokyo, manger 2 champignons, tuer X animaux, etc.) ; ceux-ci ne sont pas obligatoires, mais permettent d’améliorer les capacités de l’animal, de débloquer des objets, et surtout de débloquer de nouveaux animaux à incarner lors des parties suivantes.
Le jeu est en grande partie généré aléatoirement, ce qui est à la fois un atout et un défaut : on ne sait jamais sur quels ennemis on va tomber, les défis peuvent être faciles ou très corsés, et même l’environnement peut être incroyablement hostile. Certaines parties sont plutôt calmes au début, mais on finit tôt ou tard par se retrouver dans une situation du genre oh putain putain putain y’a trois alligators et une meute de lions qui me poursuivent et je suis en pleine zone toxique oh putain je vais mouriiirr§^§ù§`ù$bvr, à courir sans réfléchir et à utiliser tous les items possibles pour survivre. S’en sortir dans ces moments-là est vraiment satisfaisant ; par contre, crever au bout de deux minutes de jeu ou parce qu’il n’y a plus aucun moyen de se sauver nulle part, ça arrive aussi et c’est nettement moins agréable.
Le combat dans Tokyo Jungle est très basique et se joue surtout sur les mouvements ; on peut donner des coups normaux (d’un seul type, aucune subtilité de ce côté-là), bondir pour esquiver (avec le stick droit), envoyer des animaux de sa meute attaquer l’ennemi ou faire appât, mais le but principal est de trouver une ouverture pour donner une attaque fatale (qui tue un animal en un coup, à moins que celui-ci soit vraiment beaucoup plus grand et plus fort que vous). La plupart du temps, il vaut mieux se cacher dans les hautes herbes, pour ne pas se faire repérer (et éviter le combat… ou bondir sur la proie qui ne vous avait pas vu).
Enfin, si vous incarnez un poussin, vous n’avez de toute façon pas le choix : vous avez juste le droit de vous planquer, de picorer des fleurs et de faire piou-piou, dès qu’un chien ou un chat vous repère, COUIC ! vous êtes mort. (Enfin, plutôt “KFC !” que “COUIC !” vu que vous êtes un poussin, hi hi hi que je suis drôle). Le gameplay avec le poussin est très frustrant, je ne vous le cache pas. Je ne l’ai fait que pour débloquer le porc-épic. Je voulais jouer avec le porc-épic.
Il y a aussi un mode histoire dont les chapitres se débloquent en jouant au mode survie et en trouvant des objets particuliers (des archives qui expliquent pourquoi l’humanité a disparu) ; mais Tokyo Jungle est nettement plus orienté “arcade” que “histoire”, et se joue nettement plus comme Pac-Man que comme Dark Souls (comparaison à la noix, certes, mais bon). La longueur d’une partie peut varier énormément, entre trente secondes et… je ne sais pas combien d’heures, je ne sais même pas s’il y a une limite !
Bon, maintenant que vous connaissez grosso modo les mécaniques et les points forts du jeu, il faut quand même évoquer ses points faibles. Il y en a beaucoup et ils sont handicapants.
• La caméra est fixe, et il n’y a pas de vue subjective. Ce qui a pour fâcheuse et ridicule conséquence le fait que votre bestiau peut parfaitement voir un animal à cinquante mètres au fond de l’écran, mais pas un qui se trouve dix mètres de l’autre côté. Il y a certes une mini-carte/radar pour voir s’il y a des animaux qui se situent à proximité, mais ça n’est pas la panacée non plus.
• On peut (trop) vite se retrouver dans une situation quasi-impossible, ou mourir avant d’avoir eu le temps de dire “piou”. Surtout si on joue un putain de poussin. Mais c’est vrai aussi avec les autres espèces.
• Il n’y a qu’un seul terrain de jeu ; on finit par connaître la dizaine de zones par cœur à force. Ça aurait été cool de pouvoir aussi jouer dans d’autres endroits, ne pas avoir que Tokyo Jungle mais aussi, je ne sais pas, London Jungle, Le Caire Jungle, Moscou Jungle, Clichy Jungle ou Jungle Amazonienne Jungle.
• Au niveau graphismes, bruitages et bande son, c’est correct sans plus. Voire moins par moments : la musique du tutoriel est insupportable (celle du jeu même passe, sauf si on est allergique à la techno), la modélisation des animaux laisse à désirer et les cris des animaux sont… euh… difficile d’en juger quand on ne connaît pas le cri du cerf Sika ou de l’antilope cervicapre en fait, mais faudra pas s’étonner d’entendre un animal qui fait “koink !”.
• Après chaque game over, le jeu charge et transmet trente-six machins à internet pendant bien une minute. Ça n’est pas grave quand on a fini un run de deux heures ou plus, mais quand on vient de crever prématurément plusieurs fois de suite, ça pèse.
• Certains animaux (le panda notamment) ne sont disponibles qu’en DLC payant.
• Un certain manque de variété peut se faire sentir à la longue ; ça n’est pas le jeu le plus profond du monde. Personnellement, j’y ai joué pas mal les premières semaines, depuis je le ressors une fois de temps en temps avec plaisir mais je ne ressens pas de besoin particulier de finir le mode histoire par exemple.
Tokyo Jungle est un jeu avec de très bonnes idées mais une réalisation qui laisse à désirer ; dommage qu’il n’y ait pas de démo, sinon je vous encouragerais vivement à l’essayer. Est-ce qu’il vaut treize euros ? Pour ma part, je ne regrette pas de l’avoir acheté : même si je ne pense pas que je passerai 150 heures dessus, je prends bien ma patte avec. Mais si vous êtes plutôt exigeant(e) et que le concept vous intrigue plus qu’il ne vous séduit, mieux vaut y réfléchir à deux fois.
…
Ah oui ; il y a un point important que je n’ai pas évoqué, c’est l’humour du jeu. Il n’y a pas de vraies blagues dans Tokyo Jungle, c’est plus de l’humour situationnel, un certain ridicule humoristique à la japonaise qui fera pouffer certains et laissera d’autres complètement de marbre. Mais je tenais quand même à vous montrer ça — le gameplay de l’employé de bureau, animal bonus ultime en DLC :
samedi 10 novembre 2012
test de jeu vidéo n° 24 : Eternal Darkness
Добрый вечер tout le monde ! Ce soir, je voudrais vous parler d'un jeu vidéo que j'ai aimé.
Eternal Darkness: Sanity’s Requiem est un survival horror d'inspiration lovecraftienne ; on y incarne plusieurs personnages qui n'ont apparemment rien en commun, mais qui à différentes époques (de 26 avant Jésus-Christ à 2000 de notre ère) se retrouvent pris dans une même grande intrigue et confrontés aux pouvoirs des “Anciens” (des divinités monstrueuses, en conflit les unes avec les autres).
Le jeu n'est pas particulièrement difficile (à part un passage en particulier… deux maximum), mais fait preuve d'originalité à de nombreux égards ; et si la trame générale du scénario est assez classique, celui-ci reste très prenant. Le fait que l'histoire soit divisée en chapitres mettant en scène à chaque fois un personnage différent à une époque différente fait qu'il y a toujours une part d'inattendu. Au début, on a l'impression de jouer des histoires complètement séparées les unes des autres ; au bout de quelques chapitres, quand les nouveaux personnages revisitent des lieux vus par d'autres plusieurs décennies ou siècles auparavant, les pièces du puzzle s'assemblent. Les personnages peuvent être frêles et démunis, ou bien armés jusqu'aux dents avec fusil à pompe et sorts de malade — leur destin n'en est pas moins incertain face aux pouvoirs des Anciens.
Chaque personnage se retrouve à un moment ou à un autre avec le Livre des Ténèbres Éternelles entre les mains ; un ouvrage fait de peau humaine et d'os, qui lie le protagoniste à l'histoire générale et lui permet de lancer des sorts. Au début du jeu, son usage est assez limité et le personnage doit surtout s'en sortir par ses propres moyens, mais à partir du moment où on a récupéré un certain nombre de runes, on peut vraiment expérimenter de nombreuses manières et arriver à des résultats puissants (et parfois inattendus). C'est un détail, mais j'ai beaucoup aimé de pouvoir « découvrir » un sort avant que le jeu nous le dise ! Le jeu ne comporte pas de “vraies” énigmes à la Silent Hill, mais l'intérêt du gameplay se trouve bien souvent dans l'utilisation des sorts, qui aident à la fois à la résolution d'énigmes et à faciliter les combats…
Autre originalité : en plus d'une barre de vie et d'une barre de magie, les personnages ont une barre de santé mentale. Celle-ci baisse à chaque fois que l'on rencontre un monstre, et remonte quand on l'achève avant qu'il ne disparaisse. Si elle baisse trop, le personnage se met à avoir des hallucinations… et celles-ci sont particulièrement efficaces, vu qu'elles jouent autant des tours au personnage qu'au joueur même. Je n'en dirai pas plus, mais même après en avoir vu une vingtaine, certaines ont réussi à me surprendre en me faisant croire que j'avais fait une erreur fatale ou que ma console déconnait..! Si vous aimez le mindfuck dans les jeux vidéo (du genre combat contre Psycho Mantis pour prendre l'une des références les plus connues), vous devriez vous régaler.
Le style d'écriture (j'y ai joué en anglais, je ne sais pas ce que vaut la version française) est aussi inspiré de Poe et Lovecraft, donc un peu ampoulé (j'avoue que j'ai dû chercher quelques mots dans le dictionnaire, genre “foetor” !) mais tout à fait appréciable ; en tout cas je préfère ça à une écriture neutre. Et si l'inspiration lovecraftienne est manifeste, l'histoire même est mémorable. Surtout la manière dont on la “vit” en la jouant.
Au final, j'ai beaucoup apprécié ce jeu, sans doute l'un des plus marquants de sa génération. Dommage que sa suite ait été annulée…
Eternal Darkness: Sanity’s Requiem est un survival horror d'inspiration lovecraftienne ; on y incarne plusieurs personnages qui n'ont apparemment rien en commun, mais qui à différentes époques (de 26 avant Jésus-Christ à 2000 de notre ère) se retrouvent pris dans une même grande intrigue et confrontés aux pouvoirs des “Anciens” (des divinités monstrueuses, en conflit les unes avec les autres).
Le jeu n'est pas particulièrement difficile (à part un passage en particulier… deux maximum), mais fait preuve d'originalité à de nombreux égards ; et si la trame générale du scénario est assez classique, celui-ci reste très prenant. Le fait que l'histoire soit divisée en chapitres mettant en scène à chaque fois un personnage différent à une époque différente fait qu'il y a toujours une part d'inattendu. Au début, on a l'impression de jouer des histoires complètement séparées les unes des autres ; au bout de quelques chapitres, quand les nouveaux personnages revisitent des lieux vus par d'autres plusieurs décennies ou siècles auparavant, les pièces du puzzle s'assemblent. Les personnages peuvent être frêles et démunis, ou bien armés jusqu'aux dents avec fusil à pompe et sorts de malade — leur destin n'en est pas moins incertain face aux pouvoirs des Anciens.
Chaque personnage se retrouve à un moment ou à un autre avec le Livre des Ténèbres Éternelles entre les mains ; un ouvrage fait de peau humaine et d'os, qui lie le protagoniste à l'histoire générale et lui permet de lancer des sorts. Au début du jeu, son usage est assez limité et le personnage doit surtout s'en sortir par ses propres moyens, mais à partir du moment où on a récupéré un certain nombre de runes, on peut vraiment expérimenter de nombreuses manières et arriver à des résultats puissants (et parfois inattendus). C'est un détail, mais j'ai beaucoup aimé de pouvoir « découvrir » un sort avant que le jeu nous le dise ! Le jeu ne comporte pas de “vraies” énigmes à la Silent Hill, mais l'intérêt du gameplay se trouve bien souvent dans l'utilisation des sorts, qui aident à la fois à la résolution d'énigmes et à faciliter les combats…
Autre originalité : en plus d'une barre de vie et d'une barre de magie, les personnages ont une barre de santé mentale. Celle-ci baisse à chaque fois que l'on rencontre un monstre, et remonte quand on l'achève avant qu'il ne disparaisse. Si elle baisse trop, le personnage se met à avoir des hallucinations… et celles-ci sont particulièrement efficaces, vu qu'elles jouent autant des tours au personnage qu'au joueur même. Je n'en dirai pas plus, mais même après en avoir vu une vingtaine, certaines ont réussi à me surprendre en me faisant croire que j'avais fait une erreur fatale ou que ma console déconnait..! Si vous aimez le mindfuck dans les jeux vidéo (du genre combat contre Psycho Mantis pour prendre l'une des références les plus connues), vous devriez vous régaler.
Le style d'écriture (j'y ai joué en anglais, je ne sais pas ce que vaut la version française) est aussi inspiré de Poe et Lovecraft, donc un peu ampoulé (j'avoue que j'ai dû chercher quelques mots dans le dictionnaire, genre “foetor” !) mais tout à fait appréciable ; en tout cas je préfère ça à une écriture neutre. Et si l'inspiration lovecraftienne est manifeste, l'histoire même est mémorable. Surtout la manière dont on la “vit” en la jouant.
Au final, j'ai beaucoup apprécié ce jeu, sans doute l'un des plus marquants de sa génération. Dommage que sa suite ait été annulée…
mercredi 31 octobre 2012
Nine Inch Nails
Salutations, amis mélomanes!
Si vous ne vous êtes jamais intéressés aux goûts musicaux des ados gothiques en l’an 2000, que vous n’aviez aucune pulsion dark-rebelle-suicidaire au lycée et que le nom de Nine Inch Nails ne vous dit rien, voici une petite introduction :
Nine Inch Nails est le groupe de rock industriel le plus connu de par le monde. Des millions d’ados mal dans leur peau vénèrent Trent Reznor comme un dieu de la musique et cousent des logos NIN sur leurs sacs Eastpak tout en écoutant The Downward Spiral à fond sur leur iPod. Moi-même, j’ai été un peu comme ça, sauf que je ne vénérais pas Trent Reznor comme un dieu, que je ne portais pas de logo NIN sur mon sac et que je n’ai jamais eu de lecteur mp3. N’empêche que Nine Inch Nails était mon groupe préféré quand j’étais au lycée, que je continue à le tenir en haute estime et que j’avais envie de vous en parler.
Bon OK mais ça ressemble à quoi ?
La musique de Nine Inch Nails est avant tout du rock. Du rock violent et sombre, qui utilise beaucoup de sons (électroniques) inhabituels et des rythmes parfois proches du mécanique ; il y a souvent un impressionnant travail au niveau des sonorités chez Nine Inch Nails que l’on n’entend pas dans la plupart des groupes. Tout n’est pas qu’agression et déferlantes : le groupe donne aussi dans l’atmosphérique et le mélancolique, avec pas mal de compositions au piano sur certains disques ; on trouve aussi des pistes plus électroniques et dansantes. Nine Inch Nails n’est pas un groupe de pop, mais reste très accessible en général.
Je peux dire sans trop me mouiller que Nine Inch Nails aura été l’un des groupes les plus importants dans le développement de ma culture musicale : c’est avec lui que j’aurai vraiment découvert les concept-albums, et surtout l’importance des sons mêmes au-delà des rythmes, des mélodies et des paroles.
Mais Nine Inch Nails, c’est de l’industriel, non ?
Pas exactement. Nine Inch Nails est généralement considéré comme le groupe qui a popularisé et démocratisé le rock industriel. C’est souvent à lui que pensent les gens quand on leur parle de musique industrielle, mais attention : le rock industriel, le metal industriel et l’industriel tout court, ça n’est pas pareil ! La musique industrielle « pure » est souvent quelque chose d’expérimental, froid et bruitiste, qui peut être franchement difficile à apprécier et qui s’éloigne assez nettement de tout ce qui touche au rock. Si c’est ça qui vous tente, c’est plutôt du côté de Throbbing Gristle, SPK ou Test Dept. qu’il faut chercher… La musique de Nine Inch Nails reprend certaines caractéristiques de l’esthétique industrielle (certains sons et certains types de rythmes) mais en les adaptant ; on est loin du nihilisme hagard pour camés fétichistes des machines qu’on entend chez les purs et durs du genre.
Y’a qui dans le groupe ?
Nine Inch Nails est plus un projet solo qu’un “vrai” groupe ; le seul membre fixe, qui écrit, compose et joue presque tout, est Trent Reznor. Les autres musiciens sont surtout là pour les tournées.
Le saviez-vous ? Les “reznors” de Super Mario World (vous savez, ces tricératops à grosse tête ↓ qui crachent des boules de feu) sont nommés d’après Trent Reznor !
OK, voilà pour l’introduction ; j’attaque la discographie.
(Si vous voulez plus de clips, c’est en-dessous !)
C’est trop long, j’ai pas envie de tout lire, je suis un homme pressé !
· Si vous voulez un seul album de Nine Inch Nails, prenez The Downward Spiral.
· Les autres disques à écouter en priorité sont Pretty Hate Machine (qui peut aussi être un bon premier disque pour découvrir le groupe) et Broken. Ensuite, prenez-vous The Fragile.
· Si vous en voulez encore plus après ça, piochez dans les disques en couleur dans la liste ci-dessous !
Les “halos” :
Tous les disques de Nine Inch Nails (à l’exception d’un ou deux singles) sont numérotés chronologiquement et ont une référence sous la forme “Halo 1”, “Halo 2”, etc. (Une belle tactique marketing pour donner envie aux collectionneurs d’avoir tous les numéros.)
Seuls les hyper-fans et les maniaques ont besoin de tout avoir. Voici un petit résumé pour voir vite fait quels disques sont « importants » ou pas :
Présentation et critique de disques principaux :
(NB : Comme je kiffe bien le tricératops de Super Mario World, je demanderai à un reznor d’illustrer à chaque fois mon opinion sur l’album.)
Pretty Hate Machine (1989)
Le premier album de Nine Inch Nails a un côté très “années 80” avec ses synthés, ses sons électroniques de l’époque, ses effets de réverbération, etc. Un peu daté ? Ouais, on peut dire ça. Perso, vu que j’adore les synthés ça ne me dérange pas le moins du monde — et puis au niveau compositions, ça envoie !
Pretty Hate Machine est un mélange de synth pop dansante, de rythmes mécaniques et de paroles qui se complaisent dans le vice, le tout avec un côté résolument rock. C’est sur ce disque qu’il y a “Terrible Lie”, “Head Like a Hole”, “Sin” et “Ringfinger”, qui sont autant de chansons incontournables qui me donnent encore des frissons aujourd’hui ; j’ai découvert Nine Inch Nails avec cet album, et je crois que j’ai bien fait de commencer par là !
À noter que le disque est pas mal inspiré notamment par Skinny Puppy (“Down in It”, le premier single, est même carrément pompé sur “Dig It”), groupe non moins important d’électro-industriel canadien.
Nine Inch Nails s’émancipera vite de cette influence, mais certains fans de Skinny Puppy reprocheront toujours à Reznor d’avoir copié et édulcoré leur musique en la rendant plus pop et accessible…
Broken (1992)
À la suite de plusieurs querelles avec son label de l’époque (TVT), Trent Reznor est carrément remonté et décide de s’en séparer coûte que coûte. C’est donc en secret qu’il enregistre Broken, un EP de six pistes + deux cachées où il évacue toute sa frustration. C’est le disque le plus agressif de Nine Inch Nails, avec un son à part et qui mérite largement d’être considéré au même titre que les albums du groupe ; l’auditeur en prend plein la gueule, les guitares sont distordues à l’extrême, chants à la limite du hurlement et rythmes frénétiques sont à l’honneur tout cela ne dure que vingt minutes mais vingt minutes d’une intensité peu commune. Balancez-vous ça un jour où quelque chose vous énerve : c’est souverain !
(Il existe également un court métrage Broken, regroupant les clips de l’EP et conçu pour être le plus dérangeant possible — en fait, c’est censé ressembler à un snuff movie. Je n’ai aucune envie de regarder ça, ça doit être dégueulasse.)
Fixed (1992)
Avec Fixed, Nine Inch Nails commence ce qui deviendra plus ou moins une tradition : sortir des albums de remixes. Ceux-ci seront de qualité variable, allant du recommandable Further Down the Spiral au complètement raté Things Falling Apart. Ce ne sont pas des disques majeurs en général, mais Fixed mérite une attention particulière : l’idée de ce disque est de faire de Broken, cette décharge continue de rage folle et d’énergie destructrice, quelque chose de froid et d’expérimental. Si les trois premiers remixes restent relativement classiques (mais de qualité, et signés par des grands noms du rock indus et du post-indus : on y retrouve Coil ♥ ou J.G. Thirlwell ♥ entre autres), Fixed s’engage ensuite dans des méandres de plus en plus torturés et déroutants, pour finir sur des miasmes chaotiques qui rappellent vraiment l’industriel pur voire la noise music.
Fixed est de loin le disque le plus difficile d’accès de Nine Inch Nails, et ce n’est pas non plus l’un des meilleurs. Certains le trouveront sans doute complètement inécoutable vers la fin (faut avoir envie
de s’enquiller “Screaming Slave” !), et ce n’est pas le meilleur exemple d’indus expérimental qui existe, mais ce disque mérite l’écoute si l’on a envie de voir jusqu’où on peut pousser ce genre d’expérimentations.
The Downward Spiral (1994)
Le chef d’œuvre de Nine Inch Nails, The Downward Spiral est un album conceptuel qui raconte l’histoire d’un homme dont la vie se défait de plus en plus, pour aboutir à une chute irréversible : séparations, tromperies, blessures, rejet de la religion, rejet de sa propre sensibilité, dépression, folie furieuse, refuges fugaces ou délétères… Malgré ces thèmes qui pourraient laisser imaginer un album malsain et déprimant au possible, The Downward Spiral parle surtout de prises de conscience ; la folie autodestructrice apparente n’est en réalité qu’une lucidité qui advient trop tard, ou trop intensément.
Sans doute l’album le mieux construit et le plus travaillé de Nine Inch Nails, The Downward Spiral est aussi particulièrement intéressant au niveau des styles musicaux abordés, qui vont de la chanson rock toute en retenue mais dont le rythme se casse complètement à la fin (“Piggy”) à des martèlements désespérés et effrayants (“Eraser”) en passant par une boucle infernale de cris et de sons électroniques (“The Becoming”) et un interlude ambient aussi réconfortant que fragile (“A Warm Place”), pour se finir sur une chanson particulièrement intime (“Hurt”). Dès l’ouverture, on sent que la machine autodestructrice est en route et que rien ne pourra l’arrêter, et l’intensité reste là jusqu’à la toute fin. C’est un disque extrêmement puissant ; encore aujourd’hui, je considère cet album comme l’un des disques majeurs de son époque.
(Les remixes et faces B valent aussi le détour ; on peut les trouver sur Further Down the Spiral — à noter que la version britannique et la version américaine contiennent des pistes différentes — et l’EP Closer to God. Quelques-uns sont disponibles sur le second disque de la version deluxe/anniversaire de l’album. Un remix de Closer est notamment utilisé dans le générique de début du film Se7en…)
(The Downward Spiral fut joué intégralement en live pendant la dernière tournée de Nine Inch Nails ;un bootleg vidéo circule sur internet avec l’approbation de Reznor. Le musicien, pas le tricératops. Enfin, peut-être que le tricératops approuve aussi.)
The Fragile (1999)
Cinq ans après The Downward Spiral, Trent Reznor sort un double album tout aussi intime mais plus apaisé de manière générale… et moins facile à cerner. Nettement plus hétérogène que les disques précédents, The Fragile évoque une convalescence difficile et des émotions parfois divergentes. L’enchaînement des trois premières pistes passe de la frustration à un apaisement teinté de tristesse, et semble manifester une volonté de se détacher de l’énergie négative des albums précédents. Il y a des chansons qui évoquent la tendresse là-dedans (“The Fragile”), un certain bonheur paisible (“La Mer”)… mais toujours un sentiment de blessure sous-jacente.
Au niveau style, The Fragile est relativement épuré. Les aspects rageurs de la musique sont toujours présents mais plus isolés, et les pistes les plus réussies sont plutôt axées électronique (“Into the Void”), ou tendres et mélancoliques (“The Great Below”). Il y a également pas mal de pistes instrumentales, et celles-ci font partie des meilleures : ce sont souvent les plus inspirées, les plus intenses et les plus expressives. On aurait peut-être pu se passer du single pas très subtil “Starfuckers, inc.” — mais pas de l’hypnotique et hyperactive “Complication” ni de la superbe “Just Like You Imagined”.
J’ai un peu de mal à évaluer The Fragile aujourd’hui. Ce double album (que j’ai découvert avant The Downward Spiral) aura été mon premier “album préféré de tous les temps”, je l’aurai beaucoup écouté (souvent la nuit, dans mon lit au casque,
en ne faisant rien d’autre que me concentrer sur la musique… la meilleure façon d’écouter sans doute !) mais il est rare que je me le repasse aujourd’hui. Selon l’opinion générale des fans, il s’agit du meilleur disque de Nine Inch Nails après The Downward Spiral.
And All That Could Have Been (2002)
The Fragile aura marqué la fin d’une période. Histoire de marquer la rupture et de faire une rétrospective sort ce coffret qui, dans sa version “deluxe”, inclut un disque live ainsi qu’un disque de versions épurées acoustiques non retravaillées intitulé Still.
Le live est tout ce qu’on attend d’un excellent live ; c’est une véritable bombe d’énergie, l’enregistrement est très bon, la performance quasi-irréprochable. Les pistes de Pretty Hate Machine perdent complètement leur côté “années 80” et font regretter que tout l’album n’ait pas été enregistré de cette manière !
Quant à Still… c’est un disque généralement très apprécié des fans, mais pour être honnête il ne m’émeut pas plus que ça. Les reprises au piano, avec une voix imparfaite mais pas de public, n’ont que très peu d’intérêt à mes oreilles et je préfère infiniment les originales. (Je fais le même reproche au Knock on Wood des Young Gods par exemple ; en général je trouve que ce concept de “reprises acoustiques” est du flan, tout l’intérêt du travail sur les sons — qui fait en grande partie l’identité de ces groupes — passe à la trappe.)
Les pistes inédites par contre sont belles, et vont encore plus loin que The Fragile dans le côté intimiste… bref, je n’aime que la moitié de Still. Qu’importe : And All That Could Have Been vaut le coup rien que pour le premier disque.
With Teeth (2005)
Le cinquième album du groupe sort après six ans d’attente (pour les fans), six ans de problèmes avec l’alcool et la drogue (pour Trent Reznor). Disons-le franchement : With Teeth (qui tire son nom d’une piste des Melvins) manque d’ambition et de nouvelles idées ; c’est un album délibérément plus simple, presque pop, et nettement moins inspiré que les précédents.
Pas vraiment mauvais, mais à moins d’être un grand fan, on peut s’en passer.
Year Zero (2007)
Reznor se rattrape très bien deux ans plus tard ; nouveau concept-album, cette fois-ci plus politique que personnel, Year Zero est accompagné d’un alternate reality game complet. L’histoire est située dans les États-Unis en 2022, à une période où le monde semble tomber dans la dystopie ; je ne vais pas tout raconter ici parce que ce sujet est déjà assez long comme ça mais c’était plutôt intéressant et bien fichu !
Au niveau musical, Year Zero mélange habilement des structures accrocheuses et une esthétique abrasive (guitares, distortion et électronique bruitiste) très réussie ; moins innovant que les premiers albums mais diablement efficace. Quelques passages sont étonnants, à la limite du glitch, mais les refrains sont tellement accrocheurs, les rythmes tellement entraînants que tout s’écoute avec plaisir.
Nine Inch Nails n’avait pas été aussi entraînant et même dansant depuis “Sin” et “Head Like a Hole”… et autre bonne surprise : les expressions de mal-être adolescent qui pouvaient être un peu pesantes et ridicules sur les disques précédents ont presque toutes disparu. Bref, tous les fans ne sont pas d’accord avec moi sur ce point, mais pour moi Year Zero est une vraie réussite !
Ghosts I-IV (2008)
2008 : Nine Inch Nails a rempli son contrat avec Interscope et décide de devenir complètement indépendant, sans le soutien de labels ni de maisons de disques. Désormais plus libre, Trent Reznor décide de sortir un double album inattendu : trente-six pistes instrumentales “d’inspiration visuelle”, chacune illustrée par une photographie ; un disque que l’on peut classer dans l’ambient, et où l’on sent (selon moi) beaucoup l’inspiration du superbe double album Selected Ambient Works, vol. II d’Aphex Twin.
Ghosts I-IV est un disque qui a le mérite d’être très différent des autres, même si l’atmosphère (entre l’apaisement et la tourmente) et les sons (le piano est à nouveau très présent) peuvent rappeler certains passages de The Fragile.
Parfois joli donc, mais souvent oubliable, avec parfois une impression d’inachevé, Ghosts I-IV m’aura peu accroché au final… Je le range dans les disques mineurs et je lui préfère très nettement Selected Ambient Works, vol. II.
The Slip (2008)
Un album au son direct, cru, relativement court (43 minutes) ; de l’indus rock plein d’énergie (“1,000,000”, “Letting You”), de l’ambient (“Corona Radiata”), du piano (“Lights in the Sky”) et une piste électro-rock dansante (“Discipline”) ; aucune vraie surprise, mais du bon son ! Rien qui convaincra les réfractaires, mais un petit album sympathique. Et puis, petit plus toujours appréciable : The Slip est disponible gratuitement sur le site officiel du groupe.
[edit 2013 : Voilà, voilà ; je sais que cet article n’est plus à jour vu que Hello Oblivion (de How to Destroy Angels) et Hesitation Marks sont sortis depuis, mais je n’ai que peu écouté ces derniers — et le peu que j’ai entendu m’a donné l’impression que si Reznor était toujours aussi doué au niveau sons et production, il commençait à tourner franchement en rond niveau songwriting. Peut-être que d’autres écoutes viendront changer mon opinion, peut-être pas — en attendant, j’ai tellement d’autres disques à écouter que je laisse un peu Reznor de côté pour le moment..!]
Et à part Nine Inch Nails ?
Trent Reznor a aussi participé à d’autres projets, surtout ces dernières années ;
· il a travaillé sur le très bon The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust! du rappeur Saul Williams (on sent vraiment la patte de Reznor dessus ; j’aimais déjà bien Saul Williams avant, mais cette collaboration est particulièrement réussie),
· la bande originale de The Social Network avec Atticus Ross, celle de The Girl with the Dragon Tattoo… et d’autres encore ;
· Reznor fut aussi impliqué dans le projet 1000 Homo DJs (avec Ministry),
· a beaucoup collaboré avec Marilyn Manson,
· a réalisé la bande son des jeux Quake et Call of Duty: Black Ops II (il faudrait que j’écoute celle de Quake, il paraît qu’elle est très bien !),
· a chanté sur la très chouette “I’m Afraid of Americans” de David Bowie,
· et avait prévu de collaborer avec Maynard James Keenan (le chanteur de Tool), Atticus Ross et Danny Lohner sur un projet du nom de Tapeworm (un fiasco : aucun enregistrement ne vit jamais le jour, et tout fut abandonné au bout d’une dizaine années),
· Mais le projet le plus important de Reznor à part Nine Inch Nails ces derniers temps s’appelle How to Destroy Angels ; le groupe inclut également la chanteuse Mariqueen Maandig, Atticus Ross et Rob Sheridan. Le nom du groupe vient d’une piste de Coil (groupe de post-indus dont Reznor est fan… et moi aussi). Ce que j’en ai entendu ressemblait beaucoup à Nine Inch Nails, avec une voix féminine en plus.
Hé c’est cool, y’a quoi d’autre comme bons disques dans le même genre ?
Ça vous plaît ? Tant mieux ! Voici une petite sélection perso d’autres bons disques de rock indus, ou sur lesquels Reznor a travaillé, ou qui l’ont inspiré :
Voilà !
Si vous voulez plus d’infos, je vous renvoie à ce wiki, très complet : http://www.ninwiki.com
Le site officiel du groupe se trouve ici (mais il renvoie souvent au wiki pour les infos) : http://www.nin.com
Si vous ne vous êtes jamais intéressés aux goûts musicaux des ados gothiques en l’an 2000, que vous n’aviez aucune pulsion dark-rebelle-suicidaire au lycée et que le nom de Nine Inch Nails ne vous dit rien, voici une petite introduction :
Nine Inch Nails est le groupe de rock industriel le plus connu de par le monde. Des millions d’ados mal dans leur peau vénèrent Trent Reznor comme un dieu de la musique et cousent des logos NIN sur leurs sacs Eastpak tout en écoutant The Downward Spiral à fond sur leur iPod. Moi-même, j’ai été un peu comme ça, sauf que je ne vénérais pas Trent Reznor comme un dieu, que je ne portais pas de logo NIN sur mon sac et que je n’ai jamais eu de lecteur mp3. N’empêche que Nine Inch Nails était mon groupe préféré quand j’étais au lycée, que je continue à le tenir en haute estime et que j’avais envie de vous en parler.
Bon OK mais ça ressemble à quoi ?
La musique de Nine Inch Nails est avant tout du rock. Du rock violent et sombre, qui utilise beaucoup de sons (électroniques) inhabituels et des rythmes parfois proches du mécanique ; il y a souvent un impressionnant travail au niveau des sonorités chez Nine Inch Nails que l’on n’entend pas dans la plupart des groupes. Tout n’est pas qu’agression et déferlantes : le groupe donne aussi dans l’atmosphérique et le mélancolique, avec pas mal de compositions au piano sur certains disques ; on trouve aussi des pistes plus électroniques et dansantes. Nine Inch Nails n’est pas un groupe de pop, mais reste très accessible en général.
Je peux dire sans trop me mouiller que Nine Inch Nails aura été l’un des groupes les plus importants dans le développement de ma culture musicale : c’est avec lui que j’aurai vraiment découvert les concept-albums, et surtout l’importance des sons mêmes au-delà des rythmes, des mélodies et des paroles.
Mais Nine Inch Nails, c’est de l’industriel, non ?
Pas exactement. Nine Inch Nails est généralement considéré comme le groupe qui a popularisé et démocratisé le rock industriel. C’est souvent à lui que pensent les gens quand on leur parle de musique industrielle, mais attention : le rock industriel, le metal industriel et l’industriel tout court, ça n’est pas pareil ! La musique industrielle « pure » est souvent quelque chose d’expérimental, froid et bruitiste, qui peut être franchement difficile à apprécier et qui s’éloigne assez nettement de tout ce qui touche au rock. Si c’est ça qui vous tente, c’est plutôt du côté de Throbbing Gristle, SPK ou Test Dept. qu’il faut chercher… La musique de Nine Inch Nails reprend certaines caractéristiques de l’esthétique industrielle (certains sons et certains types de rythmes) mais en les adaptant ; on est loin du nihilisme hagard pour camés fétichistes des machines qu’on entend chez les purs et durs du genre.
Y’a qui dans le groupe ?
Nine Inch Nails est plus un projet solo qu’un “vrai” groupe ; le seul membre fixe, qui écrit, compose et joue presque tout, est Trent Reznor. Les autres musiciens sont surtout là pour les tournées.
Le saviez-vous ? Les “reznors” de Super Mario World (vous savez, ces tricératops à grosse tête ↓ qui crachent des boules de feu) sont nommés d’après Trent Reznor !
OK, voilà pour l’introduction ; j’attaque la discographie.
(Si vous voulez plus de clips, c’est en-dessous !)
C’est trop long, j’ai pas envie de tout lire, je suis un homme pressé !
· Si vous voulez un seul album de Nine Inch Nails, prenez The Downward Spiral.
· Les autres disques à écouter en priorité sont Pretty Hate Machine (qui peut aussi être un bon premier disque pour découvrir le groupe) et Broken. Ensuite, prenez-vous The Fragile.
· Si vous en voulez encore plus après ça, piochez dans les disques en couleur dans la liste ci-dessous !
Les “halos” :
Tous les disques de Nine Inch Nails (à l’exception d’un ou deux singles) sont numérotés chronologiquement et ont une référence sous la forme “Halo 1”, “Halo 2”, etc. (Une belle tactique marketing pour donner envie aux collectionneurs d’avoir tous les numéros.)
Seuls les hyper-fans et les maniaques ont besoin de tout avoir. Voici un petit résumé pour voir vite fait quels disques sont « importants » ou pas :
Halo 1 : Down in It (single)(* non traité ici : cet article date de 2012)
Halo 2 : Pretty Hate Machine (album)
Halo 3 : Head Like a Hole (single)
Halo 4 : Sin (single)
Halo 5 : Broken (EP)
Halo 6 : Fixed (EP de remixes)
Halo 7 : March of the Pigs (single/EP)
Halo 8 : The Downward Spiral (album)
Halo 9 : Closer to God (single)
Halo 10 : Further Down the Spiral (album de remixes)
Halo 11 : The Perfect Drug (single)
Halo 12 : Closure (vidéo : live + clips)
Halo 13 : The Day the World Went Away (single)
Halo 14 : The Fragile (double album)
Halo 15 : We’re in This Together (single)
Halo 16 : Things Falling Apart (album de remixes)
Halo 17 : And All That Could Have Been (album live + DVD live)
Halo 17 bis : Still (versions acoustiques et instrumentales)
Halo 18 : The Hand That Feeds (single)
Halo 19 : With Teeth (album)
Halo 20 : Only (single)
Halo 21 : Every Day Is Exactly The Same (single)
Halo 22 : Beside You in Time (DVD live)
Halo 23 : Survivalism (single)
Halo 24 : Year Zero (album)
Halo 25 : Y34RZ3R0R3M1X3D (album de remixes)
Halo 26 : Ghosts I-IV (double album)
Halo 27 : The Slip (album)
Halo 28 : Hesitation Marks (album) *
Présentation et critique de disques principaux :
(NB : Comme je kiffe bien le tricératops de Super Mario World, je demanderai à un reznor d’illustrer à chaque fois mon opinion sur l’album.)
Pretty Hate Machine (1989)
Le premier album de Nine Inch Nails a un côté très “années 80” avec ses synthés, ses sons électroniques de l’époque, ses effets de réverbération, etc. Un peu daté ? Ouais, on peut dire ça. Perso, vu que j’adore les synthés ça ne me dérange pas le moins du monde — et puis au niveau compositions, ça envoie !
Pretty Hate Machine est un mélange de synth pop dansante, de rythmes mécaniques et de paroles qui se complaisent dans le vice, le tout avec un côté résolument rock. C’est sur ce disque qu’il y a “Terrible Lie”, “Head Like a Hole”, “Sin” et “Ringfinger”, qui sont autant de chansons incontournables qui me donnent encore des frissons aujourd’hui ; j’ai découvert Nine Inch Nails avec cet album, et je crois que j’ai bien fait de commencer par là !
À noter que le disque est pas mal inspiré notamment par Skinny Puppy (“Down in It”, le premier single, est même carrément pompé sur “Dig It”), groupe non moins important d’électro-industriel canadien.
Nine Inch Nails s’émancipera vite de cette influence, mais certains fans de Skinny Puppy reprocheront toujours à Reznor d’avoir copié et édulcoré leur musique en la rendant plus pop et accessible…Broken (1992)
À la suite de plusieurs querelles avec son label de l’époque (TVT), Trent Reznor est carrément remonté et décide de s’en séparer coûte que coûte. C’est donc en secret qu’il enregistre Broken, un EP de six pistes + deux cachées où il évacue toute sa frustration. C’est le disque le plus agressif de Nine Inch Nails, avec un son à part et qui mérite largement d’être considéré au même titre que les albums du groupe ; l’auditeur en prend plein la gueule, les guitares sont distordues à l’extrême, chants à la limite du hurlement et rythmes frénétiques sont à l’honneur tout cela ne dure que vingt minutes mais vingt minutes d’une intensité peu commune. Balancez-vous ça un jour où quelque chose vous énerve : c’est souverain !
(Il existe également un court métrage Broken, regroupant les clips de l’EP et conçu pour être le plus dérangeant possible — en fait, c’est censé ressembler à un snuff movie. Je n’ai aucune envie de regarder ça, ça doit être dégueulasse.)Fixed (1992)
Avec Fixed, Nine Inch Nails commence ce qui deviendra plus ou moins une tradition : sortir des albums de remixes. Ceux-ci seront de qualité variable, allant du recommandable Further Down the Spiral au complètement raté Things Falling Apart. Ce ne sont pas des disques majeurs en général, mais Fixed mérite une attention particulière : l’idée de ce disque est de faire de Broken, cette décharge continue de rage folle et d’énergie destructrice, quelque chose de froid et d’expérimental. Si les trois premiers remixes restent relativement classiques (mais de qualité, et signés par des grands noms du rock indus et du post-indus : on y retrouve Coil ♥ ou J.G. Thirlwell ♥ entre autres), Fixed s’engage ensuite dans des méandres de plus en plus torturés et déroutants, pour finir sur des miasmes chaotiques qui rappellent vraiment l’industriel pur voire la noise music.
de s’enquiller “Screaming Slave” !), et ce n’est pas le meilleur exemple d’indus expérimental qui existe, mais ce disque mérite l’écoute si l’on a envie de voir jusqu’où on peut pousser ce genre d’expérimentations.The Downward Spiral (1994)
Le chef d’œuvre de Nine Inch Nails, The Downward Spiral est un album conceptuel qui raconte l’histoire d’un homme dont la vie se défait de plus en plus, pour aboutir à une chute irréversible : séparations, tromperies, blessures, rejet de la religion, rejet de sa propre sensibilité, dépression, folie furieuse, refuges fugaces ou délétères… Malgré ces thèmes qui pourraient laisser imaginer un album malsain et déprimant au possible, The Downward Spiral parle surtout de prises de conscience ; la folie autodestructrice apparente n’est en réalité qu’une lucidité qui advient trop tard, ou trop intensément.
Sans doute l’album le mieux construit et le plus travaillé de Nine Inch Nails, The Downward Spiral est aussi particulièrement intéressant au niveau des styles musicaux abordés, qui vont de la chanson rock toute en retenue mais dont le rythme se casse complètement à la fin (“Piggy”) à des martèlements désespérés et effrayants (“Eraser”) en passant par une boucle infernale de cris et de sons électroniques (“The Becoming”) et un interlude ambient aussi réconfortant que fragile (“A Warm Place”), pour se finir sur une chanson particulièrement intime (“Hurt”). Dès l’ouverture, on sent que la machine autodestructrice est en route et que rien ne pourra l’arrêter, et l’intensité reste là jusqu’à la toute fin. C’est un disque extrêmement puissant ; encore aujourd’hui, je considère cet album comme l’un des disques majeurs de son époque.
(Les remixes et faces B valent aussi le détour ; on peut les trouver sur Further Down the Spiral — à noter que la version britannique et la version américaine contiennent des pistes différentes — et l’EP Closer to God. Quelques-uns sont disponibles sur le second disque de la version deluxe/anniversaire de l’album. Un remix de Closer est notamment utilisé dans le générique de début du film Se7en…)
(The Downward Spiral fut joué intégralement en live pendant la dernière tournée de Nine Inch Nails ;
The Fragile (1999)
Cinq ans après The Downward Spiral, Trent Reznor sort un double album tout aussi intime mais plus apaisé de manière générale… et moins facile à cerner. Nettement plus hétérogène que les disques précédents, The Fragile évoque une convalescence difficile et des émotions parfois divergentes. L’enchaînement des trois premières pistes passe de la frustration à un apaisement teinté de tristesse, et semble manifester une volonté de se détacher de l’énergie négative des albums précédents. Il y a des chansons qui évoquent la tendresse là-dedans (“The Fragile”), un certain bonheur paisible (“La Mer”)… mais toujours un sentiment de blessure sous-jacente.
Au niveau style, The Fragile est relativement épuré. Les aspects rageurs de la musique sont toujours présents mais plus isolés, et les pistes les plus réussies sont plutôt axées électronique (“Into the Void”), ou tendres et mélancoliques (“The Great Below”). Il y a également pas mal de pistes instrumentales, et celles-ci font partie des meilleures : ce sont souvent les plus inspirées, les plus intenses et les plus expressives. On aurait peut-être pu se passer du single pas très subtil “Starfuckers, inc.” — mais pas de l’hypnotique et hyperactive “Complication” ni de la superbe “Just Like You Imagined”.
J’ai un peu de mal à évaluer The Fragile aujourd’hui. Ce double album (que j’ai découvert avant The Downward Spiral) aura été mon premier “album préféré de tous les temps”, je l’aurai beaucoup écouté (souvent la nuit, dans mon lit au casque,
en ne faisant rien d’autre que me concentrer sur la musique… la meilleure façon d’écouter sans doute !) mais il est rare que je me le repasse aujourd’hui. Selon l’opinion générale des fans, il s’agit du meilleur disque de Nine Inch Nails après The Downward Spiral.And All That Could Have Been (2002)
The Fragile aura marqué la fin d’une période. Histoire de marquer la rupture et de faire une rétrospective sort ce coffret qui, dans sa version “deluxe”, inclut un disque live ainsi qu’un disque de versions épurées acoustiques non retravaillées intitulé Still.
Le live est tout ce qu’on attend d’un excellent live ; c’est une véritable bombe d’énergie, l’enregistrement est très bon, la performance quasi-irréprochable. Les pistes de Pretty Hate Machine perdent complètement leur côté “années 80” et font regretter que tout l’album n’ait pas été enregistré de cette manière !
Quant à Still… c’est un disque généralement très apprécié des fans, mais pour être honnête il ne m’émeut pas plus que ça. Les reprises au piano, avec une voix imparfaite mais pas de public, n’ont que très peu d’intérêt à mes oreilles et je préfère infiniment les originales. (Je fais le même reproche au Knock on Wood des Young Gods par exemple ; en général je trouve que ce concept de “reprises acoustiques” est du flan, tout l’intérêt du travail sur les sons — qui fait en grande partie l’identité de ces groupes — passe à la trappe.)
Les pistes inédites par contre sont belles, et vont encore plus loin que The Fragile dans le côté intimiste… bref, je n’aime que la moitié de Still. Qu’importe : And All That Could Have Been vaut le coup rien que pour le premier disque.
With Teeth (2005)
Le cinquième album du groupe sort après six ans d’attente (pour les fans), six ans de problèmes avec l’alcool et la drogue (pour Trent Reznor). Disons-le franchement : With Teeth (qui tire son nom d’une piste des Melvins) manque d’ambition et de nouvelles idées ; c’est un album délibérément plus simple, presque pop, et nettement moins inspiré que les précédents.
Pas vraiment mauvais, mais à moins d’être un grand fan, on peut s’en passer.Year Zero (2007)
Reznor se rattrape très bien deux ans plus tard ; nouveau concept-album, cette fois-ci plus politique que personnel, Year Zero est accompagné d’un alternate reality game complet. L’histoire est située dans les États-Unis en 2022, à une période où le monde semble tomber dans la dystopie ; je ne vais pas tout raconter ici parce que ce sujet est déjà assez long comme ça mais c’était plutôt intéressant et bien fichu !
Au niveau musical, Year Zero mélange habilement des structures accrocheuses et une esthétique abrasive (guitares, distortion et électronique bruitiste) très réussie ; moins innovant que les premiers albums mais diablement efficace. Quelques passages sont étonnants, à la limite du glitch, mais les refrains sont tellement accrocheurs, les rythmes tellement entraînants que tout s’écoute avec plaisir.
Nine Inch Nails n’avait pas été aussi entraînant et même dansant depuis “Sin” et “Head Like a Hole”… et autre bonne surprise : les expressions de mal-être adolescent qui pouvaient être un peu pesantes et ridicules sur les disques précédents ont presque toutes disparu. Bref, tous les fans ne sont pas d’accord avec moi sur ce point, mais pour moi Year Zero est une vraie réussite !
Ghosts I-IV (2008)
2008 : Nine Inch Nails a rempli son contrat avec Interscope et décide de devenir complètement indépendant, sans le soutien de labels ni de maisons de disques. Désormais plus libre, Trent Reznor décide de sortir un double album inattendu : trente-six pistes instrumentales “d’inspiration visuelle”, chacune illustrée par une photographie ; un disque que l’on peut classer dans l’ambient, et où l’on sent (selon moi) beaucoup l’inspiration du superbe double album Selected Ambient Works, vol. II d’Aphex Twin.
Ghosts I-IV est un disque qui a le mérite d’être très différent des autres, même si l’atmosphère (entre l’apaisement et la tourmente) et les sons (le piano est à nouveau très présent) peuvent rappeler certains passages de The Fragile.
Parfois joli donc, mais souvent oubliable, avec parfois une impression d’inachevé, Ghosts I-IV m’aura peu accroché au final… Je le range dans les disques mineurs et je lui préfère très nettement Selected Ambient Works, vol. II.
The Slip (2008)
Un album au son direct, cru, relativement court (43 minutes) ; de l’indus rock plein d’énergie (“1,000,000”, “Letting You”), de l’ambient (“Corona Radiata”), du piano (“Lights in the Sky”) et une piste électro-rock dansante (“Discipline”) ; aucune vraie surprise, mais du bon son ! Rien qui convaincra les réfractaires, mais un petit album sympathique. Et puis, petit plus toujours appréciable : The Slip est disponible gratuitement sur le site officiel du groupe.
[edit 2013 : Voilà, voilà ; je sais que cet article n’est plus à jour vu que Hello Oblivion (de How to Destroy Angels) et Hesitation Marks sont sortis depuis, mais je n’ai que peu écouté ces derniers — et le peu que j’ai entendu m’a donné l’impression que si Reznor était toujours aussi doué au niveau sons et production, il commençait à tourner franchement en rond niveau songwriting. Peut-être que d’autres écoutes viendront changer mon opinion, peut-être pas — en attendant, j’ai tellement d’autres disques à écouter que je laisse un peu Reznor de côté pour le moment..!]
Et à part Nine Inch Nails ?
Trent Reznor a aussi participé à d’autres projets, surtout ces dernières années ;
· il a travaillé sur le très bon The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust! du rappeur Saul Williams (on sent vraiment la patte de Reznor dessus ; j’aimais déjà bien Saul Williams avant, mais cette collaboration est particulièrement réussie),
· la bande originale de The Social Network avec Atticus Ross, celle de The Girl with the Dragon Tattoo… et d’autres encore ;
· Reznor fut aussi impliqué dans le projet 1000 Homo DJs (avec Ministry),
· a beaucoup collaboré avec Marilyn Manson,
· a réalisé la bande son des jeux Quake et Call of Duty: Black Ops II (il faudrait que j’écoute celle de Quake, il paraît qu’elle est très bien !),
· a chanté sur la très chouette “I’m Afraid of Americans” de David Bowie,
· et avait prévu de collaborer avec Maynard James Keenan (le chanteur de Tool), Atticus Ross et Danny Lohner sur un projet du nom de Tapeworm (un fiasco : aucun enregistrement ne vit jamais le jour, et tout fut abandonné au bout d’une dizaine années),
· Mais le projet le plus important de Reznor à part Nine Inch Nails ces derniers temps s’appelle How to Destroy Angels ; le groupe inclut également la chanteuse Mariqueen Maandig, Atticus Ross et Rob Sheridan. Le nom du groupe vient d’une piste de Coil (groupe de post-indus dont Reznor est fan… et moi aussi). Ce que j’en ai entendu ressemblait beaucoup à Nine Inch Nails, avec une voix féminine en plus.
Hé c’est cool, y’a quoi d’autre comme bons disques dans le même genre ?
Ça vous plaît ? Tant mieux ! Voici une petite sélection perso d’autres bons disques de rock indus, ou sur lesquels Reznor a travaillé, ou qui l’ont inspiré :
· Skinny Puppy – Mind: The Perpetual Intercourse
· Foetus – Nail
· Einstürzende Neubauten – Tabula Rasa
· The Young Gods – Only Heaven
· Saul Williams – The Inevitable Rise and Liberation of NiggyTardust!
· David Bowie – Outside
· Marilyn Manson – Antichrist Superstar
· Front 242 – Front by Front
· God – Possession
Voilà !
Si vous voulez plus d’infos, je vous renvoie à ce wiki, très complet : http://www.ninwiki.com
Le site officiel du groupe se trouve ici (mais il renvoie souvent au wiki pour les infos) : http://www.nin.com
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