mercredi 9 mai 2012
jeudi 2 février 2012
test de jeu vidéo n° 32 : Dishonored
Guten Abend les jeunes (et les autres),
je vais vous parler de l’un des jeux qui auront fait le plus parler d’eux en l’an de grâce MMXII.
Dishonored est un jeu d’infiltration avec de la magie… et/ou un first-person shooter/first-person slasher avec de la magie, selon la manière dont vous jouez. Vous incarnez Corvo Attano, garde du corps de l’impératrice Jessamine Kaldwin qui règle sur la ville de Dunwall dans l’île de Gristol rongée par la peste propagée par les rats qui crient “scriiiii!” et mordent les gens et les dévorent jusqu’à ce que mort s’ensuive. L’impératrice (!!! attention je vais spoiler les cinq premières minutes du jeu !!!) se fait assassiner sous vos yeux ; manque de chance, c’est vous qu’on accuse, vu que le véritable assassin disparaît comme par magie. Vraiment par magie en fait. Et par coup monté aussi. Vous voilà donc vilipendé, en tôle, condamné à mort, et votre but est de vous échapper puis de déjouer une grande conspiration afin de laver votre honneur, rétablir vérité et justice à Dunwall… et accessoirement vous venger si vous le souhaitez.
Le gameplay emprunte des éléments à Thief, Bioshock et Deus Ex… surtout à Thief il paraît, mais je n’ai pas joué à Thief donc je ne peux pas vous dire. · · · · · L’univers est très dickensien ; Dunwall ressemble à une grande ville britannique au début du XXe siècle, les gens sont bourrus, usés par la mer et toutes sortes de malheurs, toute la technologie fonctionne à l’huile de baleine et les gens bouffent de l’anguille, de l’anguille en gelée, de l’anguille bouillie et de la tarte à l’anguille quand ils ne crèvent pas de la faim ou de la peste. Vous pouvez décider de vous intéresser à cet univers ou pas, en lisant des livres et/ou en utilisant le Cœur (artefact vous permettant d’en apprendre plus sur les vies et pensées des autres personnages) ; mais sachez qu’univers et scénario ne sont pas le point fort de Dishonored. Les textes d’ambiance, pas toujours très bien écrits, se limitent souvent à des descriptions de pêche à la baleine, d’industrie de la baleine et autres (malgré le logo Bethesda au début du jeu, on n’est pas dans Oblivion); quand au Cœur, j’ai arrêté de le consulter au bout d’un moment tellement ce qu’il racontait était glauque, déprimant et, au bout d’un moment, redondant. On pourra aussi reprocher aux gardes du jeu de répéter les mêmes phrases tout le temps, à la fin d’être franchement expédiée et de ne pas répondre à toutes les questions qu’on se pose… bref, niveau immersion, on a vu mieux. · · · · · Le design général et les musiques sont de très bonne facture par contre, ce qui n’est pas négligeable.
Ce qui fait toute la force de Dishonored, c’est la liberté dont vous jouissez pour accomplir les missions qui vous sont imposées. Comme je l’ai dit au début, vous pouvez infiltrer discrètement tous les lieux et finir le jeu sans être détecté ni tuer personne (pas même les boss !), ou bien vous la jouer “gros bourrin”, foncer dans le tas et buter tout le monde. Les niveaux sont vastes et complexes, regorgent de chemins possibles différents qui font que le gameplay ne paraît pas du tout linéaire. (Si vous décidez de ne tuer personne, il faudra un peu fouiller pour trouver des moyens d’arriver à vos fins sans passer par la lame ou la balle ; ça vaut le coup, et en cherchant vous pourrez aussi dénicher des objectifs secondaires.) · · · · · De plus, vous débloquez au fur et à mesure du jeu une panoplie de pouvoirs magiques (une dizaine de sorts environ est disponible) qui vous donnent plein de moyens différents d’arriver à vos fins ; vous pouvez vous téléporter plus ou moins loin, envoyer des hordes de rats sur vos ennemis, ralentir ou même arrêter le temps pendant quelques secondes, prendre possession d’animaux ou même d’humains..! Avec tous ces outils, le fait de s’en sortir donne très souvent l’impression d’avoir trouvé une solution par soi-même de manière ingénieuse, plutôt que d’avoir trouvé la solution à laquelle les développeurs avaient pensé — et ça, j’aime beaucoup.
On peut finir le jeu très vite si on prend la méthode bourrine, mais les perfectionnistes et collectionneurs de trophées en auront pour leur argent : trouver toutes les runes et tous les charmes (cachés dans des recoins différents des niveaux), débloquer tous les trophées, ça doit représenter un bon défi ! Comptez une petite dizaine d’heures pour finir le jeu en moyenne… mais vous pouvez diviser par 2 ou multiplier par 3 cette durée selon vos méthodes et votre méticulosité. (Je ne sais pas combien de temps j’ai mis personnellement vu que le jeu ne l’indique pas, je dirais bien une vingtaine, mais je joue particulièrement lentement aussi — et j’ai sauvegardé/échoué/recommencé/sauvegardé/échoué/recommencé… tout plein de fois parce que je suis une quiche en infiltration (même si les gardes ont une intelligence artificielle pas loin de la débilité totale, le level design demande de se creuser la tête par moments)).
Bref — Dishonored est un bon jeu. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un chef-d’œuvre, la faute notamment à l’univers et au scénario qui auraient mérité d’être plus développés (du coup ce jeu ne fera pas partie de ceux dont je me souviendrai avec émotion dans dix ans… en fait, ça peut être considéré comme un grand défaut : d'ici dix ans, j'aurai probablement complètement oublié Dishonored) ; de nombreux joueurs lui reprochent également une durée de vie trop faible (encore une fois, ce ne fut pas du tout mon cas mais je joue très lentement donc…), mais le gameplay et la liberté d’action de ce jeu sont assez remarquables. Et puis, les bons jeux d’infiltration, ce n’est pas si courant que ça.
Histoire de le comparer aux titres auxquels il a été comparé par d’autres, je dirais qu’il est moins bon que Bioshock mais meilleur que Deus Ex: Human Revolution.
(Note en passant : si vous voulez y jouer en anglais, il vous faudra acheter une version import. Mais il paraît que la VF est très correcte, voire meilleure au niveau de certaines voix.)
mercredi 2 novembre 2011
Lectures (1) : Le pâle oiseau du temps gomme les fictions de Saturne
Dernièrement, j'ai lu :
ねじまき鳥クロニクル (Chroniques de l'Oiseau à Ressort), de Haruki Murakami. Un roman typique de l'auteur, avec un personnage un peu paumé qui décide de se laisser aller après avoir quitté son boulot (sur un coup de tête), qui rencontre des personnages à peine assez normaux pour être crédibles, et à qui il arrive des choses inhabituelles qui virent parfois au fantastique. J'ai eu l'impression que Murakami s'est surtout fait plaisir à écrire et à laisser courir son imagination ; d'ailleurs il y a beaucoup de pistes qui ne sont pas suivies jusqu'au bout, de personnages intrigants laissés de côté… Peu importe : il n'y a qu'une sous-histoire qui m'ait moins plu que les autres, sinon j'ai dévoré les 800 ou 900 pages. (Pour peu qu'on croie un peu au fantastique, ça donnerait envie de quitter son chez-soi sans se soucier du travail ou du reste…)
Pale Fire de Nabokov, c'est un peu l'inverse : un “roman” à la forme très inhabituelle, qui consiste en les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf premières lignes d'un poème autobiographique inachevé (écrit par un auteur fictif) qui aurait dû en compter mille, ainsi que d'une introduction et un commentaire particulièrement long et digressif (par un commentateur fictif). Le poème ne raconte qu'un fragment de l'histoire ; tout le reste se trouve dans les digressions du commentaire et entre les lignes. Le style d'écriture est du coup assez difficile à définir vu que Nabokov n'écrit jamais « lui-même » mais uniquement à travers — et par les travers — de l'un des deux personnages. En tout cas il y a énormément de choses cachées, des événements dramatiques, de l'humour, des personnages croqués de manière assez acerbe, une absence de moralité, de la satire du monde littéraire, peut-être (sans doute ?) même une satire politique… Je pense que je le relirai un de ces jours !
Les Anneaux de Saturne de Sebald (que j'ai lu en traduction anglaise : je ne parle pas assez bien allemand pour le lire en version originale, et l'anglais m'attirait plus que le français) est… je ne sais pas trop. Le livre n'est pas mauvais mais ne va nulle part, l'auteur ne fait que se remémorer divers épisodes historiques ou anecdotes qui n'ont que de vagues liens entre eux, avec des photos et images en guise d'illustrations (procédé que je n'aime pas beaucoup en général : ça entrave l'imagination). Je l'ai lu sans déplaisir, mais sans grand plaisir non plus.
Time’s Arrow de Martin Amis part d'une idée toute simple : un homme, après sa mort, perd tous les souvenirs liés à sa vie, mais se met à revivre son existence… à l'envers. Sans comprendre ce qui lui arrive. Ça donne lieu à plusieurs passages intéressants, parfois amusants, parfois glauques (conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture — le dos du bouquin, avec la présentation — si vous ne voulez pas vous gâcher la surprise !). Pas mal, mais… difficile de ne pas avoir l'impression que le livre aurait pu être meilleur, aller encore plus loin. La fin notamment est quelconque et sans surprise. Et le fait que le narrateur ne comprenne jamais qu'il est en train de vivre une vie à l'envers, alors qu'il a gardé toutes les connaissances nécessaires au niveau de la langue, est difficilement crédible… Bref, une bonne idée de départ, mais peut-être pas aussi bien exploitée qu'elle aurait pu l'être.
J'ai nettement préféré les Fictions (Ficciones) de Borges : plusieurs récits là aussi basés sur des idées simples mais souvent brillantes. Des récits concis, marquants, et qui souvent arrivent en dix pages à faire plus d'effet que certains romans en cinq cents ; tout n'est pas du même niveau mais j'ai aimé la grande majorité, et j'en ai adoré quelques-unes. (Je continuerai avec L'Aleph bientôt !)
Enfin, Les Gommes d'Alain Robbe-Grillet : une histoire de meurtre dont on connaît la solution depuis le début, et qui finit en un twist prévisible…? L'idée aurait pu tenir en nettement moins de pages, j'ai l'impression que l'auteur amorçait quelque chose qui aurait pu devenir très intéressant mais laisse toutes les pistes stagner. À moins que j'aie raté quelque chose. J'ai peut-être raté quelque chose. Mais je ne vois pas quoi.
ねじまき鳥クロニクル (Chroniques de l'Oiseau à Ressort), de Haruki Murakami. Un roman typique de l'auteur, avec un personnage un peu paumé qui décide de se laisser aller après avoir quitté son boulot (sur un coup de tête), qui rencontre des personnages à peine assez normaux pour être crédibles, et à qui il arrive des choses inhabituelles qui virent parfois au fantastique. J'ai eu l'impression que Murakami s'est surtout fait plaisir à écrire et à laisser courir son imagination ; d'ailleurs il y a beaucoup de pistes qui ne sont pas suivies jusqu'au bout, de personnages intrigants laissés de côté… Peu importe : il n'y a qu'une sous-histoire qui m'ait moins plu que les autres, sinon j'ai dévoré les 800 ou 900 pages. (Pour peu qu'on croie un peu au fantastique, ça donnerait envie de quitter son chez-soi sans se soucier du travail ou du reste…)
Pale Fire de Nabokov, c'est un peu l'inverse : un “roman” à la forme très inhabituelle, qui consiste en les neuf cent quatre-vingt-dix-neuf premières lignes d'un poème autobiographique inachevé (écrit par un auteur fictif) qui aurait dû en compter mille, ainsi que d'une introduction et un commentaire particulièrement long et digressif (par un commentateur fictif). Le poème ne raconte qu'un fragment de l'histoire ; tout le reste se trouve dans les digressions du commentaire et entre les lignes. Le style d'écriture est du coup assez difficile à définir vu que Nabokov n'écrit jamais « lui-même » mais uniquement à travers — et par les travers — de l'un des deux personnages. En tout cas il y a énormément de choses cachées, des événements dramatiques, de l'humour, des personnages croqués de manière assez acerbe, une absence de moralité, de la satire du monde littéraire, peut-être (sans doute ?) même une satire politique… Je pense que je le relirai un de ces jours !
Les Anneaux de Saturne de Sebald (que j'ai lu en traduction anglaise : je ne parle pas assez bien allemand pour le lire en version originale, et l'anglais m'attirait plus que le français) est… je ne sais pas trop. Le livre n'est pas mauvais mais ne va nulle part, l'auteur ne fait que se remémorer divers épisodes historiques ou anecdotes qui n'ont que de vagues liens entre eux, avec des photos et images en guise d'illustrations (procédé que je n'aime pas beaucoup en général : ça entrave l'imagination). Je l'ai lu sans déplaisir, mais sans grand plaisir non plus.
Time’s Arrow de Martin Amis part d'une idée toute simple : un homme, après sa mort, perd tous les souvenirs liés à sa vie, mais se met à revivre son existence… à l'envers. Sans comprendre ce qui lui arrive. Ça donne lieu à plusieurs passages intéressants, parfois amusants, parfois glauques (conseil : ne lisez pas la quatrième de couverture — le dos du bouquin, avec la présentation — si vous ne voulez pas vous gâcher la surprise !). Pas mal, mais… difficile de ne pas avoir l'impression que le livre aurait pu être meilleur, aller encore plus loin. La fin notamment est quelconque et sans surprise. Et le fait que le narrateur ne comprenne jamais qu'il est en train de vivre une vie à l'envers, alors qu'il a gardé toutes les connaissances nécessaires au niveau de la langue, est difficilement crédible… Bref, une bonne idée de départ, mais peut-être pas aussi bien exploitée qu'elle aurait pu l'être.
J'ai nettement préféré les Fictions (Ficciones) de Borges : plusieurs récits là aussi basés sur des idées simples mais souvent brillantes. Des récits concis, marquants, et qui souvent arrivent en dix pages à faire plus d'effet que certains romans en cinq cents ; tout n'est pas du même niveau mais j'ai aimé la grande majorité, et j'en ai adoré quelques-unes. (Je continuerai avec L'Aleph bientôt !)
Enfin, Les Gommes d'Alain Robbe-Grillet : une histoire de meurtre dont on connaît la solution depuis le début, et qui finit en un twist prévisible…? L'idée aurait pu tenir en nettement moins de pages, j'ai l'impression que l'auteur amorçait quelque chose qui aurait pu devenir très intéressant mais laisse toutes les pistes stagner. À moins que j'aie raté quelque chose. J'ai peut-être raté quelque chose. Mais je ne vois pas quoi.
dimanche 9 octobre 2011
mercredi 7 septembre 2011
dimanche 19 juin 2011
Livre IV des préceptes d'Itayaxa, chapitre 32, ligne 67.
[…]
Quand, en empruntant la route de votre destin, vous croiserez une autre personne marchant – pédalant – skateboardant – hoverboardant (bref, se déplaçant) droit vers vous, et qu’une collision semblera inévitable, chacun d’entre vous se décalera vers la gauche en sautant et en tournoyant.
Cela vous évitera la situation gênante ou chacun, voulant laisser la place à l’autre, se décale dans la même direction, puis se rattrape en se décalant dans l’autre direction en même temps, et ainsi de suite, bloquant toujours le passage de l’autre.
Sans compter que sauter et tournoyer sur vous-mêmes pourra vous faire gagner des points si vous vous trouvez être en pleine compétition de skateboard ou de hoverboard.
[…]
Quand, en empruntant la route de votre destin, vous croiserez une autre personne marchant – pédalant – skateboardant – hoverboardant (bref, se déplaçant) droit vers vous, et qu’une collision semblera inévitable, chacun d’entre vous se décalera vers la gauche en sautant et en tournoyant.
Cela vous évitera la situation gênante ou chacun, voulant laisser la place à l’autre, se décale dans la même direction, puis se rattrape en se décalant dans l’autre direction en même temps, et ainsi de suite, bloquant toujours le passage de l’autre.
Sans compter que sauter et tournoyer sur vous-mêmes pourra vous faire gagner des points si vous vous trouvez être en pleine compétition de skateboard ou de hoverboard.
[…]
lundi 28 mars 2011
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