Dernièrement, j'ai lu :
The Bone Clocks de David Mitchell. Je prends toujours plaisir à lire sa science-fiction humaniste et ses récits enchâssés qui font sauter de siècle en siècle (sur quatre livres que j'ai lus de lui, trois suivent cette idée, seul The Thousand Autumns of Jacob de Zoet garde une continuité dans l'époque, le lieu et les personnages) ; c'est un truc assez classique mais ça marche !
Dans ce dernier roman, quand même, il manque de se brûler les doigts. The Bone Clocks est aussi prenant que Ghostwritten et Cloud Atlas, mais en plus de passages réalistes, il y a des personnages semi-immortels qui ont des superpouvoirs psychiques et… difficile de prendre au sérieux une histoire avec des mots comme « œil-chakra » et des combats avec des boules d'énergie. Heureusement, ça n'enlève rien aux qualités de la fiction plus réaliste qui constitue l'essentiel du roman, quand on suit de l'adolescence à la vieillesse Holly Sykes, une Anglaise aux origines irlandaises (qui se trouve être en contact avec un de ces Horologues, mais a aussi une vie plus normale, comme au début où elle fait une fugue en espérant rester chez son petit ami et où ça ne se passe pas si bien, ou plus tard, quand un journaliste correspondant de guerre… enfin, je ne vais pas trop en raconter).
Les sauts temporels entre les chapitres sont forcément plus courts que d'habitude, et plusieurs personnages sont récurrents : Holly Sykes est le personnage principal du roman, mais selon les chapitres elle peut être un personnage principal, secondaire, ou une quasi-figurante. Le roman va de la fin des années 70 à un futur proche, et touche de nombreux sujets, personnels, sociétaux, humains. C'est une bonne lecture au final, et qu'importent les boules d'énergie.

Dans ce dernier roman, quand même, il manque de se brûler les doigts. The Bone Clocks est aussi prenant que Ghostwritten et Cloud Atlas, mais en plus de passages réalistes, il y a des personnages semi-immortels qui ont des superpouvoirs psychiques et… difficile de prendre au sérieux une histoire avec des mots comme « œil-chakra » et des combats avec des boules d'énergie. Heureusement, ça n'enlève rien aux qualités de la fiction plus réaliste qui constitue l'essentiel du roman, quand on suit de l'adolescence à la vieillesse Holly Sykes, une Anglaise aux origines irlandaises (qui se trouve être en contact avec un de ces Horologues, mais a aussi une vie plus normale, comme au début où elle fait une fugue en espérant rester chez son petit ami et où ça ne se passe pas si bien, ou plus tard, quand un journaliste correspondant de guerre… enfin, je ne vais pas trop en raconter).
Les sauts temporels entre les chapitres sont forcément plus courts que d'habitude, et plusieurs personnages sont récurrents : Holly Sykes est le personnage principal du roman, mais selon les chapitres elle peut être un personnage principal, secondaire, ou une quasi-figurante. Le roman va de la fin des années 70 à un futur proche, et touche de nombreux sujets, personnels, sociétaux, humains. C'est une bonne lecture au final, et qu'importent les boules d'énergie.
;

C'est une lecture étrange, absurde, qui m'a paru vaine au début avant que je ne me prenne au jeu. Divertissante en tout cas, et avec un style agréable — les pièces du puzzle ne forment aucune image mais elles sont souvent intéressantes par elles-mêmes. Pour autant, je ne pense pas que ça aurait pu tenir plus de 216 pages.
;

Idée simple mais efficace, roman qui se lit très facilement, Les Falsificateurs est une histoire très agréable à suivre même si le livre même ne révolutionne rien (l'écriture est très conventionnelle, les personnages peu mémorables en eux-mêmes). Plus un divertissement qu'autre chose, donc. À noter qu'il s'agit d'un premier tome, il y en a deux autres ensuite.
;

Un roman satirique écrit en 1884 qui parle du racisme dans le sud des États-Unis, évidemment, il faut prendre ça avec un grain de sel*. Ce n'est pas tellement ça qui m'intéressait que l'écriture même… et c'est un drôle de mélange entre finesse, aventure, humour et caricature qu'a pondu Twain. L'histoire comme les personnages sont à moitié crédibles, à moitié fantasmés, manquent de profondeur. Reste une aventure qui a du charme, mais ce charme, la fin ratée le ferait presque oublier : sans divulguer l'histoire, le roman garde l'équilibre à peu près tout le long, jusqu'à ce que Twain s'attache à un gag un peu potache et décide de le faire durer beaucoup trop longtemps, jusqu'à la fin du livre en fait. En oubliant au passage l'amitié entre Tom et Jim pour ne réduire ce dernier qu'à son statut d'esclave emprisonné pas très malin, aux dépends duquel les autres personnages (pas plus malins que lui) s'amusent, ce qui devient vite lourd.
Au final ça ne me donne pas plus envie que ça de revenir en arrière pour lire Tom Sawyer…
* Ce qui me paraît loin d'être insurmontable pour peu qu'on ait un minimum de jugeotte, mais aux États-Unis, certains veulent en interdire l'étude maintenant. Vu que cet écrit antiraciste à l'époque paraîtrait, s'il avait été écrit aujourd'hui, plutôt raciste. Les étudiants américains ne seraient-ils pas capables de prendre du recul ? Ou sont-ils si sensibles que cela ?
;

Bref, ce texte est superbe. Il évoque beaucoup de sujets, il y a beaucoup de choses à en tirer, et il émeut pile ce qu'il faut.
J'ai appris après l'avoir lu qu'un film connu en avait été tiré. Je ne regrette pas de ne pas l'avoir vu et je n'ai pas envie de le voir, le texte se suffit à lui-même.
;

Il y a deux parties dans ce texte : (1) Alexandre, un dandy homosexuel provocateur, hérite d'une entreprise de traitement de déchets avec plusieurs sites en France. Lui qui a toujours vécu en marginal n'a aucune envie d'accepter au début, puis finit par comprendre qu'il pourra en tirer beaucoup… C'est un personnage intéressant et charismatique, particulièrement réussi, même si ses jugements critiques envers la société « des hétéros » sont parfois un peu trop à l'emporte-pièce voire tiennent du préjugé. Faut-il en tenir rigueur à l'auteur ? À vous de voir ! ( ) La seconde partie du texte suit « Jean-Paul », deux jumeaux inséparables qui ont une relation intime très particulière, inconnue des « sans-pareils »… jusqu'à ce que Jean trouve l'amour et se mette à fuir Paul. Ce dernier, qui finit par accaparer la majeure partie du texte, est obnubilé par son frère et par la geméllité. Il y a beaucoup de choses à dire sur la gemellité, c'est un bon thème central, mais quand pas une page ne se tourne sans faire mention de « sans-pareils » inférieurs aux « frères-pareils », ça finit par peser un peu. Certaines réflexions reposent aussi sur des analogies esthétiques, et ce genre d'analogies, on peut leur faire dire à peu près ce qu'on veut.
(Il y a sans doute un meilleur terme qu'« analogie esthétique », mais je ne le connais pas.)
;

C'est un livre court, tendre et original, joliment excentrique, qui développe une idée simple mais très bien trouvée. J'ai beaucoup aimé. J'en lirai d'autres du même auteur bientôt.
;

C'est l'histoire d'une certaine Lenore Beadsman, la vingtaine, arrière-petite-fille d'une autre Lenore Beadsman et fille d'un riche homme d'affaires, standardiste dans une maison d'édition qui ne tourne pas, en relation incertaine avec son patron, le bien-nommé Rick Vigorous, qui… Enfin, je ne vais pas trop en dire. Sachez que le thème principal du livre est le langage. Lenore (la protagoniste) est notamment troublée par les idées de Lenore (son arrière-grand-mère) qui semble croire que tout est langage. Pour l'anecdote, Wallace s'est inspiré d'une ex-copine à lui, qui lui avait dit un jour qu'elle aurait préféré être une héroïne de roman que vivre dans la vie réelle. Et Wallace de se demander quelle serait vraiment la différence.
Je crois que la seule chose que je reprocherais — que j'hésiterais à reprocher, en fait — à The Broom of the System, ce sont les dialogues qui sonnent parfois faux. Mais peut-être que Wallace ne tenait pas tant que ça à ce que leurs personnages parlent comme de vraies personnes.
Mini-bonus : ce roman contient l'exclamation la plus mignonne que j'ai jamais lue. Plusieurs fois.
;

Je l'avoue, j'avais peur d'un monolithe interminable et/ou incompréhensible — surtout après l'épreuve de Gravity's Rainbow la dernière fois. Et c'est parce qu'Infinite Jest m'intimidait que j'ai commencé par d'autres textes de Wallace. Heureusement, ce monstre-là est tout à fait lisible ! Clair, intelligent et toujours avec ce style que j'aime beaucoup, bien trop érudit pour être oral mais trop vivant pour n'être qu'écrit, cette pointillosité* dont Wallace est tout à fait conscient et dont il se moque souvent lui-même… Il faut certes un minimum de discipline — et beaucoup de temps — pour arriver au bout, mais ça vaut le coup.
Infinite Jest parle de tennis, de drogues et de désintoxication, de divertissements et de cinéma, de la culture de masse aux États-Unis, et de terroristes indépendantistes québécois en fauteuils roulants. L'action se déroule à Boston, dans une académie de tennis pour jeunes élèves, sur quelques semaines à peine d'un ex-futur proche que Wallace avait imaginé dans les années 90 (aujourd'hui un présent uchronique — non, on n'insère pas de disquettes de films dans nos télé-ordinateurs de nos jours !). Le personnage principal, Hal Incandenza, est un jeune prodige sportif dont le père était cinéaste. Son petit frère est difforme mais on ne peut plus aimable. À quelques mètres de là, mais c'est déjà un autre monde, des drogués aux destins souvent cruels souffrent dans un centre de désintoxication. (Si vous avez encore envie de consommer des drogues après ça, je ne sais pas ce qu'il vous faut.) Plus loin, deux agents secrets, l'un québécois en fauteuil roulant, l'autre états-unien et travesti, mi-amis, mi-ennemis, ne savent pas si l'autre est un agent double ou triple ou quadruple voire quintuple et discutent pendant des heures. Le Canada et le Mexique ont été annexés par les États-Unis, ce qui déplaît évidemment fortement aux Québécois. Et aux États-Unis, une mystérieuse cartouche de cinéma non étiquetée, dont on ignore la provenance, est si prenante que tous ceux qui la regardent ne peuvent plus décoller les yeux de l'écran, en oublient tous leurs besoins naturels et finissent par mourir le sourire aux lèvres dans leurs déjections…
Infinite Jest est à la fois un livre sérieux, une expérience et une sorte de farce. Ce livre est trop long, mais je le ne lui reproche pas vraiment. C'est un écrit « maximaliste » qui ne se refuse aucun détail — ce qui explique pourquoi quelques semaines à peine prennent autant de pages ! Pour autant, Wallace trouve toujours quelque chose d'intéressant à dire, et il n'y a qu'un match de tennis décrit en détail, les règles d'un jeu de stratégie (avec des maths compliqués (qui en plus sont faux, à ce qu'il paraît)), les notes qui décrivent les formules et marques des drogues et cette foutue note de fin de volume 110 où Hal et Orin discutent pendant des pages et des pages des relations entre les États-Unis et le Canada que j'ai lus en diagonale.
Bref, je pourrais encore en parler longtemps, mais je vous recommande… de commencer par un autre livre de D.F.W.**, déjà, pour savoir si vous aimez. Puis d'attaquer Infinite Jest si vous avez aimé et que vous vous en sentez le courage. The Broom of the System est moins prise de tête, il a plus de charme, il est plus équilibré et j'y aime à peu près tout. Infinite Jest offre davantage, mais demande aussi plus d'investissement et a plus de défauts.
** Si, comme moi, vous avez du mal avec les sigles et acronymes qu'affectionne tant notre écrivain embandané, http://infinitejest.wallacewiki.com vous sera utile.
* Ce mot existe, et la première phrase attestée sur Google est ce commentaire internet : « Oh tu me fais chier avec ta pointillosité. »
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire